Deepak Massand a publié son autobiographie relatant ses années comme lutteur professionnel, personnages de la télévision japonaise et politiciens. (Photo : Martin A. Chamberland)
Toute une vie au Québec pour le Sheik!
Deepak Massand, un homme d’origine pakistanaise et résidant de Ville-Émard, a été lutteur, comédien et politicien
Deepak Massand est né en 1942 à Rhori Sukkur, à l’époque au sud de l’Inde, dans ce qui allait devenir le Pakistan six ans plus tard. Rien ne prédisposait ce jeune de bonne famille au parcours qui s'en suivit. Fuyant la guerre, le jeune homme et sa famille font parti des «Exodus» ayant fui le Pakistan durant les années de luttent confessionnelles entre musulmans et hindous qui ont suivi l’indépendance de l’Inde.
Rêvant de l’Amérique, il aura sa chance lorsqu’un riche client de l’hôtel de Delhi, où il travaille durant les années 60, lui proposera de travailler au pavillon de l’Inde lors de l’expo 67… à Montréal!
Aujourd’hui âgé de 65 ans, l’homme fait ces jours-ci un retour sur sa vie au Canada, son pays d'adoption où il s'est fait remarquer ces 40 dernières années, en publiant son autobiographie à compte d’auteur.
Homme imprévisible s’il en est un, Deepak Massand, a été un lutteur professionnel pendant des années. Sous le pseudonyme du Sheik, il combattra contre les célèbres Édouard Carpentier et Mad Dog Vachon au forum de Montréal en 1972, avant de devenir l’impresario de son bon ami, l’inimitable Grand Antonio. Il fréquente les Raymond Rougeau et Gino Brito à la même époque.
En parallèle, il se rend à plusieurs reprises au Japon durant les années 70, d’abord pour reprendre son rôle de Maharadja au pavillon de l’Inde de l'expo 1970 à Osaka, puis comme personnage d’une émission pour enfant sur les ondes nippones. Il incarnera Jeronimo, un peau rouge du far ouest-américain, devenant ainsi un symbole du continent qui l'avait tant fait rêver dans sa jeunesse.
Plus tard, il fera quelques apparitions d’acteur dans des films de l’ONF, comme Mackenzie King ou Quebec Referendum II, qui traitaient de politique, un sujet qui ne lui est pas étranger.
Car, M. Massand a fréquenté les Joe Clark, Kim Campbell et Jean Charest à l’époque où il s'est présenté contre le libéral Paul Martin dans Lasalle-Émard, à l’élection de 2000.
Fédéraliste convaincu, marqué par les guerres et les replis identitaires ayant marqué l’indépendance de l’Inde et la création du Pakistan, l’homme a pris la défense des Mohawks lors de la crise d’Oka, ce qui lui a valu leur reconnaissance, comme en témoigne une lettre signée de la main de Billy Two-Rivers, chef du conseil Mohawk de Kahnawake à l’époque, reproduite dans le livre.
Beaucoup de photos - près de 150! -, sont aussi montrées dans le livre et témoignent des différentes périodes de la vie de Deepak Massand. Un vrai album de souvenirs qu’il fait plaisir de consulter, nostalgie oblige.