Une enquête est en cours sur les abus sur mineurs qui auraient possiblement eu lieu au début du mois d’août au camp Chapleau. Selon la mère d’une des victimes présumées, des parents d’autres jeunes victimes potentielles ont peur de porter plainte à leur tour. (photo : Martin A. Chamberland)
Suivi sur le camp Chapleau
Trois plaintes ont été logées à la Sûreté du Québec et une enquête est en cours
Une des mères qui a envoyé son enfant au camp Chapleau par le biais de l’organisme Mission Bon accueil et de sa branche jeunesse - le club de l'Arche -, incite les parents d'enfants qui auraient été maltraités à porter plainte directement à l'Association des camps du Québec (ACQ), plutôt qu’au club de l'Arche.
Au début du mois d’août, des jeunes de St-Henri avaient été envoyés au camp Chapleau à Wentworth Nord, près de St-Sauveur dans les Laurentides, où ils auraient subi de mauvais traitements allant de l'injure verbale aux brutalités physiques.
«Le club de l'arche a reçu plus de trente plaintes, mais elles restent là et ça ne va pas plus loin, tandis que lorsque l’on porte plainte directement à l’AQC, l’organisme s’assure de faire le suivi avec la Sûreté du Québec», affirme Suzanne Duranceau.
La résidente de St-Henri assure que trois plaintes ont déjà été déposées à la Sûreté du Québec (SQ) et sont présentement sous enquête. Selon elle, il y en aurait davantage si le club de l'Arche redirigeait les parents vers l’ACQ ou la SQ.
Du côté de la SQ, on confirme qu’une enquête est bel et bien en cours concernant l'abus potentiel de trois victimes : «S’il y a d'autres victimes et que les plaintes restent bloquées quelque part, c'est illégal. Nous devons le savoir», insiste Rémy Guilbert, du service des communications de la Sûreté du Québec.
«Si de gens sont au courant de quoi que ce soit, nous les invitons à nous contacter pour nous transférer l’information», demande-t-il.
Peur de représailles?
Selon Mme Duranceau, certains parents craindraient de porter plainte, de peur que cela cause problème quant à leurs démarches de citoyenneté, car il s’agirait bien souvent, selon elle, de personnes immigrantes en attente d’un statut permanent.
«C’est Randy Johnson du club de l’Arche qui m’a dit que la plupart des parents étaient des immigrants en attente de leur citoyenneté et qu’ils avaient peur que cela leur nuise s’ils portaient plainte à la police», déplore la mère.
Au club de l'Arche, l’on réfute ces accusations: «Premièrement, Randy Johnson n’est pas un employé du Club de l’Arche, il a juste été mandaté pour prendre les inscriptions», indique Isabelle Depelteau, directrice des communications pour la Mission Bon Accueil, l’organisme chapeautant le club de l’Arche.
«De plus, il est absolument faux de dire que l’on a reçu une trentaine de plaintes, nous n'en avons seulement reçu deux ou trois et on peut vous assurer que le suivi est fait avec l'Association des camps du Québec», assure-t-elle.
«L’enquête prendra le temps que ça prendra et quand on aura des résultats concrets, on émettra un communiqué de presse», conclut-elle.
De son côté, la Sûreté du Québec demande à quiconque possédant de l’information utile à l’enquête, tout comme aux parents de victimes potentielles, de communiquer immédiatement avec le Sergent détective Alain Slicer au 450-227-6848.
(photo : Martin A. Chamberland)