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Le prof Dion donne la leçon

Richard Cléroux
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Article mis en ligne le 24 juillet 2008 à 7:42
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Le prof Dion donne la leçon
Le prof Dion donne la leçon
Depuis trois semaines, Stéphane Dion sillonne le pays comme un «maudit commis voyageur» pour vendre sa salade verte. Son fameux Tournant Vert.
Il joue le tout pour le tout avec les électeurs, un risque énorme, lui qui prend si rarement de risques.

La population comprendra-t-elle l’importance de la taxe sur le carbone, et encore, l’acceptera-t-elle? C’est l’enjeu des prochaines élections qui se joue en cet été pluvieux, et, pour Dion, c’est aussi son avenir politique.

Une croisade qui n’a rien de facile pour Stéphane Dion, qui n’est pas tellement habile comme orateur, encore moins comme politicien, et qui parle toujours très mal l’anglais. Son succès est mitigé.

Surtout que son adversaire principal, le premier ministre Stephen Harper, reste cloué à son pupitre au Parlement, muet comme une carpe, notant avec intérêt chaque faux pas et chaque maladresse de Dion.

Il y a deux semaines, Stéphane Dion était en Alberta, au royaume des grands pollueurs pétroliers de l’Ouest canadien, là où même le mot libéral est proche du juron. Mais Dion s’en est tiré pas mal chez un public qui respecte le courage et qui est toujours prêt à en apprendre plus sur son adversaire.

Puis ce fut les Maritimes. À Moncton, la peur était que le prix du chauffage monterait encore plus l’hiver prochain.

Mercredi dernier, voilà Dion à Kanata, en banlieue d’Ottawa, un coin presqu’unilingue anglais. Dion, il faut le rappeler, n’est pas fort en anglais, même après onze ans «d’immersion» à Ottawa.

Il n’était même pas huit heures du matin et la salle du 2e étage du Holiday

Inn de Kanata était déjà bondée de curieux plutôt que de convertis.

Dion est accueilli par des applaudissements polis. Un organisateur libéral a tenté en vain d’animer la foule avec des cris d’encouragement pour impressionner la grosse presse installée à l’arrière de la salle, mais la foule n’a pas mordu. Les gens étaient là pour écouter, pas pour jouer les meneuses de claques libérales.

S’exprimant uniquement en anglais, Dion a commencé la leçon, en bon petit professeur.

«Pourquoi sommes-nous ici aujourd’hui», a-t-il demandé. Silence.

«Nous sommes ici pour nos enfants», a-t-il répondu, montrant un grand sourire, fier de lui-même.

C’est en plein ça qui tombe sur les nerfs de plusieurs. Un prof en habits de politicien. On est plutôt habitué de voir des loups habillés en brebis… mais passons.

Son discours était bon pourtant : bien présenté, logique, présenté avec beaucoup de clarté – n’est-ce pas sa spécialité, la clarté?

Le plus gros problème, c’est son anglais. Lors de son discours, il a cité un passage du journal La Presse, qu’il a lu en français évidemment.

Mais Dion a senti l’obligation d’ajouter, en anglais, que la citation «est en français, pour ceux d’entre vous qui savez lire le français». Pourquoi même aller là? Oui, c’est vrai, plusieurs dans la salle ne savaient pas lire le français. Pourquoi le soulever?

Imaginez pour un instant, un politicien anglophone en visite dans l’est de

Montréal qui cite un passage en anglais, qui déclare que le texte est en anglais «for those who know how to read English».

Mais passons. J’aimerais pouvoir affirmer que Dion fait des progrès en anglais, mais malheureusement, ce n’est pas le cas. Un de nos meilleurs ministres des affaires étrangères, Lloyd Axworthy, a passé 30 ans à Ottawa sans vraiment apprendre à parler français.

Et ce n’est qu’un exemple, car plusieurs parlementaires massacrent l’anglais ou le français. Il y en avait même un qui massacrait les deux langues. Il a fini premier ministre.

Peu importe, Dion est encore loin du grand champion de la langue massacrée,

John Diefenbaker. Alors que ce dernier se trouvait devant un auditoire à

Sainte-Perpétue, en 1957, au lieu de dire : «J’espère que mes vœux sont appréciés», il a dit : «J’espère que mes veaux sont après chier.»

De l’arrière de la salle, un cultivateur a crié : «Les miens itou». Les bleus ont gagné le comté et Clément Vincent est allé à Ottawa pour y rester longtemps.

L’anglais dans le cas à Dion est plus pénible, moins charmant, moins pardonnable. Et un obstacle majeur dans son voyage ultime vers le pouvoir.
Vous pouvez rejoindre M. Cléroux à richardcleroux@rogers.com

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Marie Reine Paradis

Commentaire mis en ligne le 19 août 2008
Je crois que vous êtes dur! M. Dion n"est pas si mal que ça il apprend son Anglais depuis quelque temps.Vos critiques ne sont pas si bonnes que vous le dites! le professeur moi je vous dit si nous avons des Docteur,des Ingénieurs des Dentistes,des infirmières des électriciens,et de bons Constructeurs de maison des vendeurs vendeuses et autres métiers des maires Wa! Wa! grâce a qui? aux professeurs ! Je leurs dit Bravo vous avez fait de Nous ce que nous sommes Merci M. Le Professeur M. Dion futur Premier Ministre du Canada.

Yan Proulx

Commentaire mis en ligne le 25 juillet 2008
Très bonne chronique sur l'image dégagée par un politicien sans âme et envergure qu'est Stéphane Dion. D'ailleurs, avec Dion et Harper, nous sommes à des années lumières du candidat démocrate Obama qui a réussi à rassembler 200 000 personnes en Allemagne. Il ne faut pas oublier qu'en politique, l'image dégagée est presque toujours plus importante que les idées. Dion en a de bonnes idées, c'est simplement que le message passe mal en français comme en anglais. Un mauvais choix qui hantera les libéraux encore bien longtemps, à moins d'un changement lors du prochain congrès.

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