Chantefable : une épopée chevaleresque des plus actuelles
Il est indiqué : «Pour les enfants de 7 à 12 ans». Soit. Mais parions que les thèmes très actuels du spectacle de théâtre de marionnettes Chantefable – deux jeunes amoureux que tout sépare, l’absurdité des guerres – ne laisseront pas leurs parents indifférents.
Présenté l’été dernier au Festival international de théâtre des régions européennes, en République tchèque, cette production de la compagnie L’Illusion, Théâtre de marionnettes a entrepris, le 12 octobre, une tournée avec le Conseil des arts de Montréal. Une halte est prévue le 8 novembre à 14h à la maison de la culture Marie-Uguay.
Depuis trente ans, L’Illusion crée, produit et diffuse des œuvres qui s’inspirent librement de la littérature mondiale et du répertoire des contes.
Chantefable tire son origine du récit écrit par un troubadour anonyme du XIIIème siècle, Aucassin et Nicolette, l’histoire d'un amour contrarié. Aucassin, fils du comte de Beaucaire, est éperdument amoureux de Nicolette, jeune esclave sarrasine. Mais le père d’Aucassin s’oppose avec force à cette union. Les jeunes défieront l’autorité et tenteront de faire triompher l’amour… Chantefable, c’est une «fresque rocambolesque où les scènes d’amour les plus douces côtoient les scènes de guerre les plus cruelles.»
Créée lors de l’édition 2006 du Festival international Les Coups de théâtre, la pièce a été réalisée en collaboration avec des artistes de la République tchèque. Elle transporte les spectateurs au cœur d’une épopée chevaleresque tout ce qu’il y a de plus actuelle. L'auteur de l'œuvre originale démontre, sur un ton humoristique, l'absurdité des guerres. Et pour mettre fin aux querelles sans issue, quoi de mieux que l'amour entre jeunes de camps différents?
Alliant marionnettes, chant et musique, trois artistes sur scène nous entraînent dans cette épopée. À l’aide de trois trônes, réelles ruines médiévales, ils font jaillir mers, forêts et contrées lointaines. Véritables répliques de sculptures gothiques, les marionnettes sont finement sculptées de bois. Une technique avant-gardiste dissimule à l'intérieur les fils qui servent à leur manipulation.
La Nef, compagnie musicale spécialisée en musique ancienne et nouvelle, a signé la partition. Elle s’est s'inspirée directement de la seule phrase musicale préservée jusqu'à nous et utilisée par le troubadour, auteur du récit.