Étienne Lalonde-Turbide maîtrise l'art du fleuret. (Photo: Martin Chamberland)
Un junior parmi les meilleurs seniors au fleuret
Étienne Lalonde-Turbide avait dix ans quand il a participé à un camp de jour au centre Gadbois. Il a tâté l'escrime à cette occasion et s'est aussitôt inscrit à des cours. Neuf ans plus tard, l'athlète verdunois est une vedette montante de son sport et il vise les Jeux olympiques.
«J'ai tout de suite aimé l'escrime, car c'est un sport individuel où il n'y a personne d'autre à blâmer quand tu perds, raconte Étienne. Je l'ai pratiqué comme loisir jusqu'à la fin du secondaire, alors que je jouais aussi au basketball, puis un entraîneur m'a suggéré d'opter pour l'escrime. Il faut dire que, dans ce sport, j'avais déjà gagné les Jeux de Montréal et le championnat des moins de 13 ans à ma première année sur le circuit provincial.»
En escrime, chaque athlète approfondit ses habiletés avec une seule arme parmi le fleuret, l'épée et le sabre. Étienne a toujours utilisé le fleuret. «La cible est plus difficile à toucher et je trouve qu'il y a plus de tactiques et de tempo qu'à l'épée, par exemple, tandis que le sabre est trop technique», explique l'athlète. Son père, Roch Turbide, qui est président du club d'escrime au centre Gadbois, considère le fleuret comme la dentellede l'escrime.
Meilleur québécois
Preuve de son agilité à manier le fleuret, Étienne a réalisé la meilleure performance québécoise, en plus de battre son record personnel, en terminant 23e à la Coupe du monde de fleuret, catégorie senior, disputée à la fin mai à Montréal. Il a perdu contre celui qui a ensuite remporté la médaille d'argent. Le jeune athlète avait terminé 46e l'an dernier au même tournoi.
«Je suis très satisfait de mon résultat. J'ai plus confiance que jamais en mon potentiel», raconte Étienne Lalonde-Turbide, qui accumule les honneurs depuis un an. Il est devenu champion québécois junior, champion canadien de l'Est junior et il s'est qualifié pour le programme haute performance canadien, un programme qui vise à développer les athlètes qui présentent le plus de potentiel dans leur sport. Sur le circuit nord-américain, Étienne se classe maintenant parmi les huit premiers dans la catégorie junior et les 18 premiers seniors.
Expérience cubaine
L'athlète verdunois s'est aussi entraîné dernièrement avec les membres de l'équipe nationale au Japon pour préparer sa première Coupe du monde à l'extérieur du continent nord-américain, à Cuba au début de juin, où il s'est classé parmi les trois meilleurs canadiens et 59e dans le tableau des 64 joueurs mondiaux. Il s'est incliné devant celui qui a ensuite raflé la médaille de bronze. Il a aussi dû s'adapter à la chaleur et à la nourriture cubaine.
Étienne a toutefois aidé l'équipe canadienne de fleuret à prendre le 10e rang à la Coupe du monde par équipe, un résultat surprenant en raison de l'absence du meilleur joueur canadien. «L'équipe a été toute proche de se hisser dans le top 8 malgré tout», a précisé l’entraîneur national, Dominique Teisseire, qui a qualifié de très positive la participation d'Étienne à sa première sélection en équipe nationale pour une Coupe du monde senior.
Le Verdunois a fortement contribué au gain de son équipe contre la Hongrie, puisqu'il a remonté un déficit collectif pour procurer l'avance aux siens lorsqu'il a passé à l'action.
Réaliser son potentiel
Avec son potentiel, Étienne Lalonde-Turbide peut espérer aux Jeux olympiques, mais ce sera pour 2012 ou 2016, entre autres parce que l'épreuve de fleuret par équipe a été sacrifiée pour 2008, afin de faire place au sabre féminin. «Je veux vivre les Jeux autant au fleuret individuel que par équipe. De plus, il me reste une année junior et j'aimerais bien participer au Championnat du monde junior en Irlande», raconte l'athlète qui est classé troisième junior au Canada présentement, ce qui lui vaudrait une place sur l'équipe nationale.
Auparavant, Étienne participera aux Championnats canadiens juniors du 26 au 29 juin au Centre Claude-Robillard, où il a obtenu la médaille d'argent l'an dernier. Puis, il est possible qu'il soit appelé en renfort pour les Jeux panaméricains en juillet au Mexique. Entre-temps, il est au Centre national d'entraînement de Montréal et bénéficie, fort heureusement, du soutien moral et financier du Groupe Aldo. Il a, de plus, trouvé un employeur prêt à aménager un horaire de travail lui permettant de s'entraîner et de participer aux compétitions.
«Goûte à l'expérience de l'escrime», est le message que livre Étienne Lalonde-Turbide aux jeunes. «L'escrime développe ton adresse, car il faut atteindre une cible qui bouge», précise Roch Turbide, qui dit produire des champions au club d'escrime au centre Gadbois. «Nos 60 membres sont tous des médaillés provinciaux. De plus, l'escrime est un sport accessible et moins cher que, par exemple, le hockey», conclut le père, dont le fils a fait ses débuts à Gadbois et qui continue de représenter ce club d'escrime.
«La cible est plus difficile à toucher au fleuret»
- Étienne Lalonde-Turbide
«Je veux vivre les Jeux olympiques au fleuret individuel et en équipe»
- Étienne Lalonde-Turbide