Et la vérité?
Les tristes événements survenus dimanche soir, à Montréal-Nord, étaient prévisibles et on peut se demander pourquoi les policiers ne s'y étaient pas préparés. Au lendemain du décès d'un jeune de 18 ans, abattu par un policier, dans ce quartier «chaud», il fallait s'attendre à des démonstrations de hargne et de révolte à l'endroit des forces de l'ordre. C'était écrit dans le ciel.
Montréal-Nord est un arrondissement où le taux de criminalité est très élevé. La pauvreté, le désoeuvrement, le climat social facilitent les manoeuvres d'une poignée de voyous qui cherchent à étendre leur influence sur les plus jeunes. Dans ce contexte, le travail des policiers n'est pas facile et leurs interventions sont souvent perçues comme excessives.
Je suis convaincu que les agents qui ont approché les six jeunes qui jouaient aux dés, samedi soir, n'avaient nullement l'intention de tuer l'un d'entre eux. Ce qui s'est passé, au juste, le public ne le sait pas et peut-être ne le saura-t-il jamais.
Ce qui m'inquiète beaucoup, lors d'événements comme celui-ci, c'est qu'on a très souvent l'impression que la vérité ne sera jamais connue. On n'a qu'à songer à l'affaire Anne-Marie Péladeau: même si des images télévisées montraient clairement la brutalité policière, lors de cette arrestation, leurs auteurs ont été acquittés, à l'issue de leur procès.
On pourrait dresser une liste assez longue de situations où le public reste sous l'impression que la justice n'a pas été rendue. Il est très rare que des policiers témoignent contre leurs confrères; ils ne se souviennent plus, ils n'ont pas bien vu... On finit habituellement par ne retenir que les versions favorables aux policiers pointés du doigt.
Ce qui contribue à accroître la méfiance des citoyens, c'est de constater que ce sont des policiers qui enquêtent sur des policiers. On peut sérieusement se demander si les enquêteurs, en de telles circonstances, ne sont pas enclins à chercher des moyens d'innocenter des gens qui exercent le même métier qu'eux...
Je pense que les bavures policières sont généralement des accidents, des erreurs de jugement ou encore le fruit de l'inexpérience. Si leurs auteurs avaient l'honnêteté et la franchise de les reconnaître, les forces de l'ordre se mériteraient sûrement un plus grand respect de la part des citoyens. Malheureusement, dans le contexte de la solidarité syndicale, il y a peu de chances que cela se produise.
C'est pourquoi il est impérieux que les enquêtes sur des actes posés par des policiers soient confiées à des organismes dont la neutralité et l'intégrité ne peuvent être mises en doute. Si cela devait survenir, à la suite des événements du week-end dernier, la mort de Fredy Villanueva n'aura pas été complètement inutile.
Jaime Mieuxpasledire
Commentaire mis en ligne le 20 août 2008Je crois que le geste n'est pas dû seulement au manque d'expérience des policiers mais plutôt à un abus de pouvoir constant des policiers...
Le profilage c'est une forme de racisme, donc les gens de ce secteur chaud sentent leur liberté affectée par des policiers qui les guêtent quotidiennement.
C'est inconcevable d'utilser son arme sur des jeunes qui ne sont même pas armés.
Une bavûre qui coûte chère à la famille Villanueva...
Et je crois bien que la police est à blâmer.