Suzanne Paquette, propriétaire du commerce Fleuriste St-Charles, prend sa retraite après 29 ans.
Fleuriste Saint-Charles, une « institution » qui disparaît…
Il fait chaud rue Centre, chez la Fleuriste Saint-Charles, il fait une agréable fraîcheur.
Dans ce magasin habituellement calme, règne une fébrilité désordonnée. D’un côté une pyramide de paniers multiformes, de l’autre des fleurs en soie tentent une compétition avec les vraies en attente d’un amoureux, d’une amie, d’un fils attentionné; ici des pots de terre, de verre, de fer; là, des vases alignés comme des soldats prêts pour l’inspection « vente finale ».
Suzanne Paquette tient ce magasin sept jours sur sept depuis 29 ans, avec une de ses filles Sylvie, depuis que celle-ci est assez âgée pour y travailler. 29 ans de baptêmes, mariages, enterrements. Jusqu’à il y a à peu près 5 ans, on fleurissait; riche ou pauvre c’était la tradition. Ce sont les coutumes qui s’appauvrissent. En même temps, Suzanne Paquette a joué un rôle de premier plan dans la communauté. Elle a été marguillère de l’église Saint-Charles et présidente du Comité des Fêtes du centenaire de la paroisse Saint-Charles en 1983.
Une cliente consternée entre en coup de vent : «mais, ce n’est pas vrai! Vous n’allez pas fermer!» clame-t-elle. Cela fait une semaine que Suzanne se fait gentiment enguirlander par sa clientèle! Imperturbable, elle leur explique encore et encore, qu’elle aussi a droit à la retraite. L’argument attire toujours un coup d’œil perplexe de la part de l’interlocuteur. Bien qu’elle l’ait largement dépassé, c’est qu’elle ne parait pas avoir atteint ce cap, notre Suzanne; comme ses fleurs, elle est toujours belle et fraiche.
Quand vous lirez ces lignes, il n’y aura plus de fleuriste à Pointe-Saint-Charles. Merci Suzanne, votre accueil va nous manquer.
Natacha Alexandroff