Les effets du verglas; le Q.I. et les performances linguistiques des bébés affectés
Selon une étude de l’Institut Douglas
Déjà 10 ans que le verglas est terminé, que des chercheurs trouvent encore des effets néfastes reliés à ce cataclysme. Après que les pylônes électriques, les arbres, les maisons aient été dévastés, voilà maintenant qu’une équipe de chercheurs aurait étudié les effets à long terme sur les bébés du verglas.
Selon une étude réalisée par les chercheurs de l'Institut universitaire en santé mentale Douglas qui sera publiée dans l'édition de septembre du Journal of the American Academy of Child and Adolescent Psychiatry, le degré de stress que les femmes enceintes auraient vécu au cours de la crise du verglas affecterait à long terme leur enfant.
«Nos résultats démontrent que les enfants issus de mères ayant vécu beaucoup de stress ont obtenu une note de Q.I. de 10 points moins élevée et des performances linguistiques plus faibles que ceux dont les mères avaient vécu moins de stress», mentionne Suzanne King, Ph.D., auteure senior, chercheuse du Douglas et professeure au département de psychiatrie de l’Université McGill. «Il est important de noter que tous les enfants ont obtenu des résultats se situant dans les valeurs normales de ces tests», s’empresse-t-elle d’ajouter.
«Le projet Ice Storm (Crise du verglas) est une étude charnière dans l’évaluation de l’impact véritable de l’environnement sur la santé mentale de l’être humain», mentionne Remi Quirion, Ph.D., Directeur scientifique du Douglas et de l’Institut des neurosciences, de la santé mentale et des toxicomanies des Instituts de recherche en santé du Canada. Les résultats de cette étude démontrent donc l’importance du stress vécu par les femmes enceintes. En vue de ces conclusions, les chercheurs s’apprêtent à analyser différentes stratégies d’interventions qui pourraient aider les mères dans de telles situations.
L’étude a été réalisée auprès de 178 femmes enceintes pendant la crise du verglas vécue au Québec, en 1998. Des enfants issus de cette cohorte, 89 d’entre eux ont été observés et questionnés à l’âge de deux ans, quatre ans, cinq ans et demi et à nouveau à huit ans et demi. Pour des fins de comparaison et pour tirer leurs conclusions, les chercheurs ont observé le même nombre d’enfants, toutefois âgés d’un an de plus, aux mêmes stades de leur vie que les enfants du verglas.
Selon les attentes des chercheurs, le stress vécu par les femmes enceintes devait affecter les enfants jusqu’à l’âge préscolaire. Toutefois, d’après les conclusions tirées de cette étude et les tests exécutés aux diverses étapes de l’enfance, les effets sembleraient se poursuivre après cet âge. Reste à savoir maintenant quand ces effets s’estomperont, peut-être à l’adolescence ou peut-être progresseront-ils jusqu’à l’âge adulte.