Le curé et les deux gardes ont subi un choc nerveux, mais recevront rapidement leur congé de l'hôpital.
Vol spectaculaire au Presbytère St-Paul
La paroisse prévoyait de mettre un terme à son contrat avec Garda
Un vol hors de l’ordinaire s’est produit le mercredi 2 juillet en avant-midi dans le presbytère St-Paul de la rue De l'Église à Côte-Saint-Paul. Trois malfaiteurs armés ont attendu deux convoyeurs de Garda à l’intérieur et les ont ligotés avec le secrétaire, déjà séquestré depuis plus d'une heure.
Armés de deux fusils tronçonnés, les voleurs les ont mis en joue, attachés, désarmés et délestés de leurs vestes antiballes et de leurs uniformes. Fort heureusement, aucun coup de feu n'a été tiré.
Le visage masqué, crayon et papier en main, l'un d’eux voleurs a ensuite demandé aux convoyeurs de lui expliquer comment faire pour ouvrir le camion blindé de Garda. «Visiblement, ils connaissaient la routine, mais pas le fonctionnement du camion», explique l'agent Olivier Lapointe, porte-parole de la Police de Montréal.
Les malfaiteurs se sont ensuite emparés de plusieurs sacs d'argent du camion blindé avant de prendre la fuite. La somme dérobée est évaluée à plusieurs centaines de milliers dollars. Le bénévole et les deux gardes ont subi un choc nerveux, mais recevront rapidement leur congé de l'hôpital.
Un véhicule incendié, qui pourrait appartenir aux malfaiteurs, a été retrouvé à quelques rues du presbytère. Le Service de police de la Ville de Montréal estime qu'il est trop tôt pour établir avec certitude que ces deux incidents sont liés. L’escouade des crimes majeurs est responsable de l’enquête.
Témoins plus que victimes
Il semblerait que les voleurs aient profité de la baisse de la méfiance des convoyeurs lorsqu’ils se rendent au presbytère pour les surprendre et s’emparer de leur camion. Vicaire épiscopal pour tout le sud de l’île de Montréal, Pierre Côté explique ce que faisait Garda au presbytère le jour du vol: «Il y a quelques années, il y avait le bingo qui rapportait beaucoup de sous et les bénévoles voulaient être en sécurité, d’où le contrat avec Garda», explique-t-il.
«Depuis, les gens du bingo se sont organisés autrement et la paroisse prévoyait justement de cesser d’utiliser les services des convoyeurs puisque les revenus de la quête ne représentent pas de grosses sommes d’argent. D'ailleurs, les voleurs ne se sont pas emparés de l'argent de l’église, ce qu’ils voulaient, c’était les sommes dans le camion», assure-t-il.
Ce dernier se réjouit de l'absence de bavure. «Il n’y a eu aucun blessé, le curé m'a indiqué que le secrétaire n'était pas trop ébranlé, on peut donc parler d’un accident de parcours», conclut-il.
Des «professionnels» du vol?
Une fois la surprise passée, les résidants du secteur interrogés peu après l’événement ont dit croire que le coup avait été minutieusement préparé et qu’il serait étonnant qu’il s’agisse de voleurs du quartier.
La porte-parole de la compagnie Garda, Nathalie de Champlain, s’est pour sa part réjoui que ses deux employés soient en bonne santé physique, malgré le choc nerveux qu’ils ont subi.
Il est à noter que le syndicat national des convoyeurs est présentement en négociations avec Garda afin d’obtenir un 3e agent de jour, comme c’est déjà le cas la nuit, afin d’assurer une meilleure sécurité.