Le grand dérangement
Échangeur Turcot: le chantier du siècle
Les représentants du ministère des Transport du Québec ont présenté le projet de reconstruction de l'échangeur Turcot à l'occasion du dîner-conférence mensuel de la Chambre de commerce du Sud-Ouest.
Au risque d'être démenti par des projets de plus grande envergure au cours des prochaines années, le réaménagement complet des voies de circulation du secteur de l'échangeur Turcot constitue à n'en pas douter, un chantier qu'on peut qualifier «de petite Baie James».
«C’est un investissement évalué à 1,5 $ milliard», a indiqué la conférencière Denise Gosselin, directrice du Bureau de projet du Complexe Turcot, estimant qu'il faudra cinq à sept ans pour exécuter les travaux de reconstruction, dont le début du chantier est prévu pour 2009.
L’ouvrage actuel compte quatre échangeurs, 28 structures, 167 viaducs et 25 voies et bretelles, totalisant 13 km de route. L’échangeur Turcot et ses composantes enjambent quatre voies principales de chemin de fer et deux lignes de métro souterraines. Pas moins de 280 000 véhicules transitent chaque jour sur cet échangeur, qui est la plaque tournante du transport routier dans la région métropolitaine.
Façon de faire innovante
À priori, le projet pourrait décourager les gens d'affaires les plus optimistes et c’est pourquoi le ministère se fait rassurant avec son concept, qui se veut novateur. D’abord, les ingénieurs ont abandonné l'idée de refaire des voies élevées, privilégiant plutôt un échangeur près du sol (huit mètres) et des voies aménagées avec remblai.
En pratique les travaux de reconstruction n'entraveront pas la circulation, car le chantier sera en contrebas sous la structure actuelle. Prudents, les responsables du projet ont évalué différents scénarios depuis 2006, espérant ainsi éviter les dépassements de coûts comme ce fût le cas pour le chantier du métro de Laval.
Denise Gosselin a énuméré les différentes étapes du projet: «D’abord on construit le remblai, puis, durant la deuxième phase, on démolit la structure élevée», explique-t-elle, ajoutant que l’échangeur Angrignon sera également remanié, l’échangeur de Montréal-Ouest démoli et que la voie élevée du secteur La Vérendrye reculée de 30 mètres, en plus de constituer un lien entre le Chemin Côte St-Paul et le boulevard Monk.
Écologique et structurant
Contrairement à l’ouvrage original réalisé à la veille d’Expo 67, le nouveau Complexe Turcot sera plus écologique, moins masquant, avec la disparition des structures aériennes imposantes, et le tracé de couloirs de circulation sera entouré de verdure.
En outre, la directrice du projet a parlé de la mise en valeur de la Falaise Saint-Jacques, cet espace vert linéaire marqué par une forte dénivellation entre Upper Lachine Road et la Cour Turcot.
Devant cet auditoire de gens d’affaires, la conférencière a insisté sur l’importance économique du projet, qui non seulement permettra d’améliorer la circulation routière avec ses corrections géométriques et l’ajout d’accotements, mais qui permettra de refaire les abords de ce couloir autoroutier au bénéfice des quartiers environnants.
«C’est un projet structurant», a affirmé Mme Gosselin en évoquant la mise en valeur des terrains enclavés de la Cour Turcot suite à une entente avec les sociétés ferroviaires. Le site, immense, se prêterait selon elle à un développement résidentiel d’envergure. «Malgré les inconvénients d’un chantier comme celui du Complexe Turcot, les occasions financières et commerciales découlant de ce réaménagement seront profitables à tous», a conclu la conférencière.