Itinérant depuis de nombreuses années, Vincent Trueba souffrait du Syndrome de Diogène.
Meurtre non résolu
Un crime gratuit d’une rare violence
Une bien triste histoire que celle de Vincent Trueba, itinérant de 46 ans, assassiné le 8 mai dernier alors qu’il sommeillait sur un banc à l'extérieur de la station Place-St-Henri, bien à l'abri de la pluie grâce à l’auvent de la station de métro.
C'est un patrouilleur du SPVM qui l’a trouvé, immobile, à 2h du matin, à la sortie de la station Place-St-Henri du côté sud de la rue St-Jacques, face à la rue St-Ferdinand. À ses pieds, une énorme marre de sang, hémorragie causée par le violent et fatal coup de batte de baseball ou de barre de fer qu’il a reçu sur sa tempe gauche durant son sommeil.
Le corps de Vincent Trueba ne présentait pas de rigidité cadavérique, signe que la mort était récente. Sans argent, ne présentant aucune menace, il semblerait que la sans-abri ait été la victime innocente d’un meurtre crapuleux et spontané dont les enquêteurs du SPVM ignorent toujours la cause ou le mobile.
«Il s’agit bel et bien d’un meurtre», indique Gilles Lafrance, Sergent-détective au SPVM, qui exclut d’emblée l’hypothèse d’un acte provenant du crime organisé comme les gangs de rue. «Ce n’est pas dans leur façon de faire. Leurs rites d'initiation ne prévoient pas ce genre de chose», poursuit Louis Audet, Sergent-Détective au SPVM et enquêteur principal sur cette affaire.
Voilà trois semaines que les enquêteurs Audet et Lafrance travaillent sur le dossier. Ils ont eu le temps d’apprendre à connaitre la victime et ils éprouvent visiblement de la sympathie à son égard: «On a vu bien des choses dans notre métier, mais un meurtre gratuit comme ça…», avoue l’inspecteur Lafrance.
«Nous avons rencontré l'infirmière qui s'occupait de lui au CLSC des faubourgs et elle était très attachée à Vincent Trueba. Selon elle, il avait toute sa tête et sa conversation était sensée», indique l’inspecteur Audet.
Une bien triste maladie
Fait inhabituel pour un sans-abri, Vincent Trueba ne présentait aucune dépendance à la drogue ou à l'alcool. S'il s’était retrouvé dans la rue, c'est qu’il souffrait d’un problème de santé mentale. Plus précisément, il était atteint du Syndrome de Diogène, qui consiste en une accumulation impulsive d'objets hétéroclites menant à des conditions de vie insalubres. Chassé à plusieurs reprises de ses appartements, M. Trueba avait décidé de vivre dans la rue et de louer des entrepôts pour protéger «ses trésors».
«Tout son chèque d'aide sociale y passait, en tout il avait loué et remplis sept entrepôts », raconte l’inspecteur Lafrance.
Logeant sous l'autoroute Ville-Marie à proximité du Home dépôt et du building RCA Victor de la rue Lacasse à St-Henri, le sans-abri fréquentait peu ses semblables et vivait plutôt en ermite.
Un acte révoltant
Les enquêteurs nagent en plein brouillard dans cette affaire, avouant qu’ils n’ont aucun suspect en vue. «Nous avons besoin de toutes les informations que le public pourrait nous fournir, n’importe quel détail; si des gens ont vu le sans-abri ou quoi que ce soit aux abords de la station ou dans les environ le soir du 8 mai, qu’ils n’hésitent pas à nous en aviser, toute information, aussi anodine qu’elle puisse paraître, nous est souvent fort utile», insistent les enquêteurs.
«Il s'agit d’un crime particulièrement gratuit et violent», souligne Louis Audet pour décrire ce qui constitue dans les faits le 11e homicide à survenir sur le territoire montréalais en 2008.
«Les caméras de vidéosurveillance montrent des gens qui sortaient du métro vers 1h du matin, ils auraient pu apercevoir la victime ou être témoins d’une altercation», indiquent les inspecteurs. Une récompense pouvant aller jusqu’à 3000$ sera remise à toute personne dont les renseignements pourront mener à l'arrestation et la condamnation du ou des suspects.
Les enquêteurs souhaitent que les préjugés envers les sans-abri n'entravent pas l'enquête en cours soulignant qu’il s'agit de la mort d’un homme innocent et qu’aucun être humain ne mérite de mourir de cette façon.
Pour contacter l'enquêteur Louis Audet
514-280-2078
Pour contacter Info-crime (anonyme et confidentiel) :514-393-1133