Une manifestation a eu lieu devant l’ancien bureau de poste de la rue Grand-Truck à Pointe-St-Charles le jour même de sa fermeture, le vendredi 28 mars dernier, à 17h.
Le jour J
Manifestation au bureau de poste
Une centaine de citoyens ont manifesté leur mécontentement à l’égard du déménagement du bureau de poste de Pointe-St-Charles le jour même de sa fermeture, le 28 mars dernier en fin d'après-midi.
Après une soupe populaire animée par le satirique «Professeur Timbré», les manifestants ont scandé slogans à l’intention des ministres conservateurs Lawrence Cannon et Michael Fortier, et à la présidente de Postes-Canada, Moya Greene: «Ce n’est pas fini, parce que même si le bureau de poste ferme ses portes aujourd’hui le 28 mars, nous exigeons la réouverture d'un service postal public dans notre quartier. Ce n’est pas fini, parce que la communauté de Pointe-Saint-Charles s’est toujours battue pour préserver et développer un milieu de vie complet avec des services publics, de proximité et de qualité», ont-ils martelé.
«Ce n’est pas fini, parce que, au-delà de la Pointe, c’est à la population du Québec et du Canada que les responsables de Postes Canada devront rendre des comptes et expliquer qu’au nom de la rentabilité, Postes Canada est en train de renier son mandat et de priver la population de services auxquels elle a droit», ont poursuivi les manifestants.
Un consensus important
La lutte pour le maintien du bureau de poste au cœur du quartier a fait l’objet d’un fort consensus dans la communauté de Pointe-St-Charles, des citoyens et groupes communautaires aux élus fédéraux, municipaux et scolaires du quartier, en passant par l’incontournable Regroupement économique et social du Sud-Ouest (RESO) et les commerçants et entreprises du quartier, tous ont joint leur voix à la coalition contre la fermeture du bureau de poste de la rue Grand-Trunk.
Par ailleurs, la campagne pancanadienne lancée il y a un mois par la table de quartier Action-Gardien et menée en collaboration avec le Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes, a récolté l’appui de 114 municipalités - pour la majorité rurales et de petites tailles -, de partout au Québec, même de la Côte-Nord. Le chef du Bloc Québécois, Gilles Duceppe et le chef du NPD, Jack Layton, ont également eu des mots de soutien à l’égard du mouvement.
Une douzaine d’organismes communautaires montréalais ont également joint la coalition, dont le POPIR-comité logement. En plus du Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes, le Syndicat canadien des communications, de l’énergie et du papier, section locale 82 et le Conseil régional FTQ Montréal métropolitain font également partie du groupe.
«Depuis huit mois, la communauté s’est mobilisée en vue de prouver aux responsables de Postes Canada que la décision de fermer le seul bureau du quartier est irresponsable et inacceptable, et que ses arguments pour justifier la fermeture ne tiennent pas la route. Pourtant, Postes-Canada et ses responsables se sont assis sur leur décision, et ont continué à ignorer la population de Pointe-Saint-Charles», déplore Karine Triollet, porte-parole de la table de quartier Action-Gardien.
La coalition promet de continuer ses actions en dépit de la fermeture du bureau de poste de la rue Grand-Trunk: «Postes Canada aurait tort de croire que la lutte est finie chez nous. Les citoyens sont toujours résolus à avoir un bureau de poste public dans leur quartier. Par ailleurs, tout le monde a déjà compris que Pointe-Saint-Charles n’est que la pointe de l’iceberg», assure Mme Triollet.