Plusieurs petites maisons de campagne se dissimulent dans l’immensité du paysage. (Photo: Mathieu Dubois)
Cultiver le riz en montagne
Il est à peine six heures du matin et déjà, le paysage est magnifique. Faiblement éclairées par la douce lumière du soleil qui commence à se lever, des montagnes aux formes étranges m’éblouissent par leur beauté. Sculptées de rizières, les collines qui entourent la petite ville de Yuanyang font partie des plus belles choses que j’ai pu voir en Chine jusqu’à maintenant.
Créées par la minorité chinoise hani il y a déjà plusieurs siècles, les rizières en terrasse se superposent les unes sur les autres et sculptent les montagnes pour leur donner la forme d’un escalier que l’on croirait infini.
Des plaines dans les montagnes
Très limités par le peu de potentiel des terres entourant leur village, les Hanis n’ont eu d’autres choix que d’adapter le sol montagneux à leurs besoins. Durant plusieurs centaines d’années, ils se sont acharnés à creuser des bassins à l’horizontale à même les montagnes, afin de pouvoir pratiquer la riziculture. Comme le grain de riz est issu d’une plante aquatique, un système ingénieux de canalisation d’eau en bambou a été aménagé à travers les collines. Cette méthode de la culture du riz est certes plus difficile à maîtriser, mais donne de bons résultats et crée du même coup un paysage à couper le souffle. Les récoltes se font de deux à trois fois par année.
Au moment de mon passage, la majeure partie du riz avait été ramassée et les bassins étaient inondés. Mais le soleil frappant ces terrasses remplies d’eau ne faisait qu’ajouter à la beauté de l’endroit.
À travers cette mosaïque impressionnante se trouvent encore les pittoresques villages de cette minorité créatrice. Résistant toujours au développement fulgurant des villes, cette partie de la province du Yunnan est d’une beauté infinie. Sur les sentiers étroits longeant les rizières, on entend uniquement le bruit des oiseaux qui chantent ou des coqs qui s’égosillent. Parfois, on croise des paysans qui, vêtus de costumes traditionnels très colorés, transportent sur leur dos un panier en bambou remplis de légumes, de fruits ou encore de poules qui caquètent au rythme de leurs pas. Courbés par le poids de leur marchandise, les villageois prennent tout de même le temps d’offrir aux touristes un large sourire avant de poursuivre leur route à travers ces montagnes spectaculaires.