Si se geler le bout du nez vous intéresse…
Je m’apprêtais à écrire une chronique pour dénoncer les nombreux problèmes vécus en tant qu’usagère de la Société de Transport de Montréal (STM) après avoir subi des services innommables durant tout l’hiver (j’ai la chance de me déplacer à vélo le reste de l’année), quand un ami a eu la bonne idée de m’envoyer le lien pour le groupe anti-STM sur Facebook.
Dans une sorte de manifeste au style direct, on peut y lire: «Pour ceux qui sont dégoûtés que la STM fasse comme bon lui semble, en riant au nez de ses clients, pour ceux qui paient une carte mensuelle d'un prix astronomique, qui ne cesse d’augmenter et qui reçoivent toujours un service médiocre, pour ceux qui sont enragés que les employés de la STM, menacent sans cesse de faire grève, pour ceux qui veulent étrangler l'employé bête comme ses deux pieds dans le guichet du métro, pour ceux qui trouvent que la STM devrait avoir le record Guinness pour la compagnie qui a le moins de respect envers sa clientèle, pour ceux qui n’en peuvent plus des autobus en retard ou qui ne passent tout simplement pas et des chauffeurs qui, en plein milieu d'un trajet, décident d'arrêter leur bus et d'aller attendre en ligne au Dairy Queen ou à la Belle Province, laissant les clients confus à l'intérieur du bus, stressés à l’idée de manquer leur transfert, pour tous ces gens, nous avons créé ce groupe d’échange.»
Pas mal, non !? Que dire de plus? Peut-être que la page de ce groupe anti-STM sur Facebook contient un répertoire recensant les plaintes pour les pannes, ralentissements et interruptions de métro. Personnellement, j’y ajouterais la même chose pour tous ces autobus qui ne passent jamais, la liste serait longue…
Un exemple, juste à côté des locaux de notre journal, au fin fond du secteur industriel de l’arrondissement LaSalle, se trouvent deux garderies. À chaque fois que j’ai attendu l’autobus, je l’ai fait en compagnie de nombreuses mères et de leurs enfants en bas âge.
Ces femmes, pour la majorité issue de l’immigration, font preuve d’une grande patience à longueur d'année.
Mais le pire c’est que souvent, l’hiver, durant les journées les plus rudes, les autobus ne passaient tout simplement pas et il nous fallait attendre de 15 à 30 minutes dans le froid glacial avant qu’un bus ne daigne se pointer le bout du nez. Les enfants pleuraient, les mères soupiraient et ce manège s’est répété des dizaines de fois.
Je profite de cette tribune pour souligner à quel point ce type de ratées est tout simplement impardonnable.
Gageons que si nous, tous les usagers de la STM, prenions la peine, à chaque fois, de noter le jour, l’arrêt de bus et l’heure, le service des plaintes de la société serait assailli.