«De nombreux jardins ont été couverts de poussière et de débris. Les résidents ont des enfants et des animaux de compagnie, il y a même une garderie sur la rue, nous sommes tous inquiets» - Helen Sanders
Église effondrée : retard dans l’arrosage du chantier
Les citoyens craignent les substances toxiques contenues dans la poussière
L’effondrement d’une église à St-Henri cause toute une commotion chez les résidants du secteur, qui craignent d'avoir inhalé des substances nocives contenues dans la poussière émanant du site après l’écroulement de la structure. Il faut savoir que trois jours se sont écoulés entre l’accident et l’arrosage du chantier.
Située au coin des rues de Courcelles et St-Jacques à Saint-Henri, l’église Sainte-Élisabeth-du-Portugal s'est effondrée le mardi 6 mai en matinée. Sa cheminée, d'environ 50 pieds de haut, est tombée sur l'arrière d'une maison de l'autre côté de la ruelle, ne faisant aucun blessé chez les occupants, mais causant un nuage de poussière considérable dans tout le secteur.
Helen Sanders, résidente de la rue Desnoyers à Saint-Henri, témoigne: «L'église est située directement située à l'arrière de notre résidence, indique-t-elle. De nombreux jardins ont été couverts de poussière et de débris. Mes voisins ont des enfants et des animaux de compagnie, il y a même une garderie sur la rue, nous sommes tous inquiets», explique Mme Sanders.
Intervenus sur le chantier en fin d'après-midi le 6 mai, les représentants de la CSST ont inspecté les lieux et ont fait la demande d'arrosage du site pour éviter tout risque pour la santé des travailleurs et, par extension, des résidants des environs. Malheureusement, l’arrosage n'a débuté que trois jours plus tard, le vendredi 9 mai.
Délai inquiétant
Même si la construction avait été désamiantée avant le début du processus de démolition, la poussière générée par son effondrement pourrait avoir causé certains torts: «Toute poussière de béton contient de la silice. Cette substance peut présenter un danger lorsqu’elle est en suspension dans l'air et que ses particules sont assez fines pour qu'elles puissent être inhalées», explique Éric Arseneault, porte-parole de la CSST.
Selon Richard Bouchard de Trois-Rivières Démolition, l’entreprise responsable du chantier, l’arrosage n’a pu avoir lieu avant le vendredi 9 mai en raison de délais administratifs: «Il faut un permis de la ville pour pouvoir utiliser les bornes fontaines et c’est ce qui explique le délai de trois jours», indique-t-il.
Du côté municipal, on confirme avoir remis le permis à l’entrepreneur le jeudi 8 mai, dans les minutes ayant suivi sa demande: «Dès le lendemain de l’effondrement, le mercredi 7 mai, une inspectrice de la Direction environnementale et du service de contrôle des rejets industriels à la ville de Montréal a inspecté le chantier et a verbalement demandé l’arrosage du chantier, indique Patricia Bouchard, chargée de communication à l’arrondissement Sud-Ouest. Le lendemain, l’entrepreneur a fait la demande d’un permis d’arrosage et l’a obtenu séance tenante.»
Avis d’infraction
Malgré l’obtention du permis le jeudi 8 mai, le lendemain matin, l’arrosage n’avait toujours pas débuté: «Le vendredi 9 mai, un avis d’infraction a été remis à Trois-Rivières Démolition, explicitant que l’entrepreneur contrevenait à deux règlements concernant les rejets industriels et l’intimant d’arroser son chantier au plus tôt», explique Mme Bouchard.
L’arrosage a finalement eu lieu quelques heures après la réception de l’avis d’infraction, soit trois jours après l’effondrement de l’église.
Tandis que les travaux se poursuivent sur le chantier, la CSST continue son enquête et devrait déterminer d’ici peu si elle prendra des mesures contre l’entrepreneur ou non.