Bisbille à l’arrondissement Sud-Ouest
La mairesse expulse la conseillère politique des élus de Vision Montréal
Peu avant les Fêtes, l'ex-mairesse de Rosemont-La Petite Patrie, Denise Larouche, conseillère politique des élus locaux de Vision Montréal depuis un an, s’est fait montrer la porte par la mairesse de l'arrondissement, Jacqueline Montpetit. La raison? Selon la mairesse, seuls les maires d'arrondissement ont droit à un conseiller politique travaillant à leurs côtés.
La mairesse Montpetit, qui est membre du parti Union Montréal et minoritaire au conseil du Sud-Ouest, estime que la présence de Mme Larouche dans les locaux de la mairie n'est pas légale, car elle n'est pas rémunérée par l'arrondissement (mais par les fonds de l'opposition) et qu'elle ne fait pas partie du personnel municipal.
«Elle n'a donc pas le droit d'utiliser les locaux, les ressources et les équipements de l'arrondissement», juge Mme Montpetit, qui a obtenu un avis juridique l'éclairant sur la légalité de sa démarche.
Philippe Sabourin, porte-parole de la Ville de Montréal, a effectivement confirmé que la loi prévoit que seuls les maires ont le droit d'embaucher et de loger du personnel politique. Ces derniers peuvent consacrer jusqu'à 0,32% du budget de l'arrondissement à cette fin.
«Je vous demande à l'avenir de vous abstenir de circuler dans les aires réservées aux fonctionnaires et aux élus», a donc écrit Mme Montpetit à Mme Larouche, ajoutant «de la même manière, vous voudrez bien vous abstenir d'intervenir, au nom de certains élus, auprès des membres de l'administration».
La mairesse a demandé au directeur de l'arrondissement, Érick Santana, d'interdire dorénavant à Mme Larouche tout accès aux locaux des élus et aux ressources de l'arrondissement (documents, outils de travail, réseaux informatiques, etc.).
«Mme Larouche occupe un local grâce à des fonds publics, alors cela m'apparaît politiquement indéfendable, car de laisser des appareils partisans occuper des bureaux administratifs sans aucun contrôle, on en arriverait à l'auberge espagnole, a pour sa part estimé Richard Thériault, directeur des communications à la Ville. C'est un manque élémentaire. C'est indécent.»
Colère chez Vision Montréal
La chef de l’opposition officielle a pour sa part tenu à écarter les soupçons d’irrégularité qu’a, selon elle, fait planer la mairesse du Sud-Ouest sur la présence de Mme Larouche dans les bureaux de l’arrondissement.
«Il n’y a rien dans la loi qui empêche l’opposition officielle de payer le salaire de Denise Larouche et de la laisser travailler à la mairie du Sud-Ouest», s’est indignée Noushig Eloyan.
Dans une lettre en réponse au décret d’expulsion émit par Mme Montpetit à l’égard de Mme Larouche, la directrice de cabinet du bureau de l’opposition officielle, Marie Otis fait remarquer que dans Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension, la mairesse Anie Samson, membre de l’opposition officielle de Vision Montréal, a offert aux conseillers majoritaires de son arrondissement d’engager du personnel politique dans le cadre des budgets prévus par la loi.
«Si la Loi a prévu des fonds publics pour l’embauche de personnel politique, c’est que ce principe est à la base même de notre institution démocratique. Et ce principe vaut également pour l’opposition officielle. C’est l’esprit même de la Loi. Le législateur, en prévoyant spécifiquement des fonds pour l’opposition officielle, a voulu s’assurer ainsi que tous les représentants élus par les citoyens puissent remplir le plus efficacement possible les responsabilités qui leur incombent», a conclu Mme Eloyan.