Le POPIR-Comité Logement réclame l’expropriation d’un immeuble devenu dangereux.
Face à l’embourgeoisement accéléré dans le Sud-Ouest, le POPIR-Comité Logement demande que la Ville de Montréal prenne des mesures concrètes pour combler les besoins des nombreux mal-logés de l’arrondissement.
Depuis 2001, les locataires du Sud-Ouest se sont appauvris : la moyenne des loyers ayant augmenté de 30%, tandis que les prestations d’aide sociale et le salaire minimum ont stagnés. Si des milliers d’unités de condominiums ont été construites pour les ménages aisés, le développement du logement social a été hautement insuffisant pour les 4000 familles qui doivent consacrer plus de 50% de leur revenu au logement
La pénurie et le coût excessif des terrains étant un obstacle majeur pour le développement de nouveaux logements sociaux dans le secteur, le POPIR propose que la ville utilise les moyens dans sa possession pour exproprier des bâtiments et terrains laissés à l’abandon par leurs propriétaires, et ainsi en constituer une réserve foncière qui pourrait servir au développement de logements sociaux.
En effet, l’article 144 de la charte de la Ville de Montréal est très clair : «la Ville peut acquérir, de gré à gré ou par expropriation, tout immeuble dont l’acquisition est jugée appropriée aux fins de réserve foncière ou d’habitation…ainsi que tout immeuble dont l’occupation est jugée désuète ou nocive.»
Un exemple flagrant d’une «occupation désuète ou nocive» correspond parfaitement à l’ancien garage barricadé, situé au coin des rues St-Philippe et St-Antoine dans le quartier St-Henri, que le propriétaire laisse se détériorer à un tel point qu’il est aujourd’hui dangereux de s’y aventurer. Il est d’ailleurs barricadé depuis maintenant plus de 15 ans et malgré les nombreux avis d’infraction de la part des inspecteurs en bâtiment de l’arrondissement, le propriétaire s’obstine à le laisser dans un état nocif pour le voisinage.
Exproprier ce bâtiment et le réserver à des fins de logement social servirait deux objectifs essentiels: garantir un environnement sain et sécuritaire pour les résidants du quartier, et faire en sorte que quelques douzaines de familles du Sud-Ouest puissent se loger convenablement sans être obligées de quitter le secteur.
Aux élus maintenant de prendre leurs responsabilités!
Manuel Johnson, organisateur communautaire