Réponse au Président de la chambre de commerce
Dans l'article publié le 20 mai dans les pages de La Voix Populaire M. Daniel L’Africain, co-président de la Chambre de commerce et de l’industrie du Sud-Ouest se prononçait en faveur de l’implantation de cafés-terrasses. Le Comité des citoyens et citoyennes contre le projet-pilote de terrasses devant les bars sur le boulevard Monk réplique à ce point de vue et le condamne pour plusieurs raisons.
M. L’Africain insiste sur le fait que la mise en œuvre du projet-pilote ne devrait être reportée à cause d’une consultation publique. Il prétend qu’il est urgent de redonner vie au boulevard Monk. Du même souffle, il expose que les marchands ont amorcé le projet depuis plusieurs années. L’analyse est à la fois peu profonde et peu convaincante.
Un projet de relance économique qui vise à redonner vie à une artère commerciale mérite assurément qu’on approche les résidents qui vivent à proximité de celle-ci. Si la revitalisation de l’artère commerciale est nécessaire, la façon de la réaliser est tout à fait inacceptable.
L’empiètement significatif sur le domaine public méritait qu’on évalue avant l’adoption du projet les répercussions sur la vie des citoyens, sur celle des résidents, sur leur sentiment d’inquiétude, sur les nuisances ou obstacles possibles à la libre circulation aux commerces existants.
Il eût été utile et possible de procéder par voie de consultation (comme le recommandait la mairesse de l’arrondissement). Si le projet remonte à tant d’années, on peut se demander pourquoi ni les marchands de la SDC Monk, ni la SDC n’ont saisi l’occasion pour consulter les citoyens, les résidents et les partenaires économiques du secteur.
Déterminée dans son projet de relance commerciale, qu’est-ce qui empêchait la SDC d’inclure les citoyens dans le processus et en particulier ceux qui résident à proximité? Si les commerçants estiment que ce projet va relancer l’économie du secteur, pourquoi éviter la consultation publique?
La Chambre de commerce est assurément au courant des problèmes générés par les bars. Elle sait certainement qu’il est primordial d’accorder une grande importance à une relation harmonieuse des citoyens avec les commerces avoisinants puisqu’ils sont des clients potentiels de ces commerces. Si les promoteurs du projet ont choisi d’ignorer ces problèmes, on s’étonne que la Chambre de commerce entérine cette attitude.
L’analyse de la Chambre de commerce déçoit et surprend. En effet, il n’existe aucune analyse de marché préalable au projet-pilote. Ce projet ne s’appuie sur aucune étude d’impact sur les retombées économiques pour le secteur et l’artère commerciale ou sur les conditions de vie.
La Chambre de commerce aurait dû s’en inquiéter, sinon s’interroger sur l’existence de telles évaluations préalables. Comment la Chambre de commerce peut-elle appuyer un projet, même pilote, sans étude de marché, et un projet de revitalisation sans plan de relance commerciale?
Un projet de terrasses devant les bars
Suite à l’adoption du projet, des sept commerçants existants qui ont demandé un permis, six étaient des bars. Cinq d’entre eux ont obtenu le permis. Le fait que les demandes de permis aient été accordées à des bars et non à des cafés ou des restaurants laisse perplexe et aurait dû faire réfléchir la Chambre de commerce.
Comment prétendre que ce projet apportera une quelconque revitalisation économique à un secteur commercial en déclin depuis plusieurs années? Comment croire qu’il y aura croissance des affaires par le prolongement de terrasses devant les bars? Même en considérant l’argument relatif à la création d’emplois, force est de constater le manque de diversité des emplois qui pourraient être potentiellement créés par le projet.
De plus, le projet comporte un volet de dépenses de 110 000$ pour l’achat de mobilier urbain. Cette somme d’argent est dévolue aux commerçants qui obtiennent un permis. C’est une somme énorme pour des trottoirs de contournement de terrasses devant les bars qui ne comportent que des désavantages pour les citoyens qui circulent. Cette somme est démesurée quand on pense qu’elle est dévolue à des commerces qui n’apportent rien en termes de valeurs sociales, de richesse collective ou de valeur additionnelle au patrimoine du quartier.
Qu’est-ce que la Chambre de commerce a à dire sur ce financement? Que les commerçants devront investir des sommes pour un aménagement extérieur, soit des tables, des chaises, des parasols? Cette position laisse perplexe.
Le Comité des citoyens et citoyennes contre le projet-pilote de terrasses devant les bars prend appui sur de nombreux témoignages et sur un appui massif des citoyens et résidents de l’arrondissement pour s’opposer au projet. Le Comité rappelle aussi que la Table sur la sécurité urbaine s’opposait à majorité au projet, de même que la mairesse et un conseiller de la ville le 5 avril dernier
Le Comité des citoyens et citoyennes fait circuler une pétition dont la deuxième partie sera déposée à la réunion du Conseil d’arrondissement du Sud-Ouest, le mardi 5 juin prochain, à 19h, au 815 rue Bel-Air, 2e étage (1 rue à l’est de Rose-de-Lima). Les citoyens, les citoyennes et les résidents du quartier sont invités à y venir manifester leur opposition. La pétition sera aussi disponible pour signature le lundi 4 juin entre 19h et 20h devant la Bibliothèque (Maison de la culture Marie-Uguay).
Hélène Guay
Citoyenne de Émard