TORONTO - Le gouvernement de l'Ontario fera construire les premiers réacteurs nucléaires au Canada en 15 ans, à la centrale de Darlington, à l'est de Toronto, dans le cadre d'un programme de remplacement et de réparation des installations nucléaires de 26 milliards $.
Selon ce qu'a annoncé le gouvernement libéral lundi, trois compagnies - une canadienne, une américaine et une française - ont été appelées à soumettre des propositions pour octobre. L'objectif est la mise en service des deux nouveaux réacteurs en juillet 2018.
Le nucléaire fournit déjà environ 52 pour cent de l'électricité de l'Ontario, alors que la part du nucléaire dans l'ensemble du Canada est d'environ 15 pour cent.
Le ministre de l'Energie, Gerry Phillips, a indiqué que l'objectif du gouvernement était de faire prendre la majorité des risques financiers au meilleur soumissionnaire, admettant toutefois que les usagers auraient à en absorber une partie.
M. Phillips a dit ne pas pouvoir établir les coûts de construction des deux réacteurs avant la fin du processus d'appels d'offres.
"Nous demandons aux trois soumissionnaires d'aiguiser leurs crayons et d'arriver avec la meilleure proposition possible et la meilleure approche. La compétition sera forte", a confié le ministre.
Les nouveaux réacteurs seront les premiers construits au Canada depuis ceux de Darlington, complétés en 1993. Au Québec, le réacteur Gentilly 2 était entré en fonction à Bécancour en 1983.
Les néo-démocrates de l'Ontario ont critiqué le projet, soutenant que les prix de construction des installations nucléaires grimpaient partout à travers le monde, et que l'Ontario aurait avantage à miser sur des sources d'énergie renouvelables.
"Nous avons un secteur manufacturier en difficulté qui ne peut soutenir le fardeau additionnel des coûts de nouveaux réacteurs nucléaires", a argué le porte-parole néo-démocrate en environnement, Peter Tabuns.
Des écologistes ont soutenu que les réacteurs entreraient en service un peu tard pour parer au manque d'approvisionnement en électricité de l'Ontario, notant que la province prévoyait de fermer des centrales au charbon et que certains réacteurs cesseraient leurs activités dès 2014.
"A moins d'arriver avec une stratégie différente qui réduirait la part du nucléaire, nous risquons de faire face à un chaos énergétique avant dix ans", a soutenu le porte-parole de Greenpeace, Shawn Patrick Stensil.
M. Stensil a dit craindre que la province se tourne vers les centrales au gaz pour combler le manque, ce qui aurait pour conséquence d'augmenter les émissions de gaz à effet de serre de l'Ontario.
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