Harper en raconte sur l'économie à Brampton
Semaine horrible pour les Conservateurs
La Chambre des communes avait fait relâche cette semaine mais ses occupants n’étaient pas en vacances pour autant.
Stephen Harper s’était rendu à Brampton, Ontario la semaine dernière pour consoler les gens d’affaires du coin. Ils lui avaient réservé un accueil chaleureux. Trop chaleureux. Harper s’est laissé emporter. Il a mis ses luettes roses et a inventé des histoires sur la crise économique pour tenter de plaire à son auditoire.
La crise économique n’est pas aussi pire que certains prétendent, a-t-il dit. Le Canada s’en sortira plus vite que les autres pays. Faux. Le chômage est pire ici, les ventes de matières premières aussi. La Bourse est à terre. Seules nos banques sont solides, et ça pour le moment.
Il a fallut l’ancien gouverneur de la Banque du Canada, David Dodge, qui a rompu un silence d’un an, pour mettre les pendules à l’heure et contredire publiquement le Premier ministre avant qu’il ne fasse trop de mal à la réputation du Canada dans les milieux financiers.
La version écrite de son discours que certains journalistes ont vu par après, disait la vérité. Pas un seul mot dans le texte, écrit par des conseillers connaissant, comme quoi le Canada sera le premier pays à revenir de la crise. Une pure invention de Harper. C’est beau rêver, mais induire tout peuple en erreur pour se péter les bretelles? Harper a passé la semaine à défendre ce qu'il avait dit.
Il n’était pas le seul à se mettre les pieds dans les plats.
Son ministre d’état à la Science, Gary Goodyear, a refusé de dire à un journaliste du Globe and Mail s’il croit à l’évolution des espèces ou s’il est créationniste adhérant à la version biblique voulant que Dieu ait créé la terre en six jours.
«C’est ma religion» Goodyear a-t-il dit. «Ce n’est pas pertinent. Mes croyances personnelles ne sont pas importantes. » Plusieurs scientifiques croient justement que «sa religion» explique pourquoi il boude des octrois à la recherche dans les sciences pures au profit de la commercialisation des découvertes scientifiques. Les scientifiques québécois ont vite demandé sa démission.
La nouvelle a fait le tour du monde. L’Express de Paris titrait « Darwin, réveille-toi! » Il a mis le Canada au même rang que la Turquie où le régime islamo-conservateur a réussi à censurer des articles sur Darwin dans un mensuel scientifique.
Une tempête dans un verre d’eau bénite? Quel mal y a-t-il à avoir un ministre la science qui ne croit pas à la science, alors que nous avons un gouvernement qui ne croit pas au gouvernement?
Ce n’est pas tout.
Une des plus beaux merles de la députation conservatrice, le député Garry Breitkreuz, avait accepté d’être l’invité d’honneur d’un gun club de Toronto, qui, par surcroît, faisait tirer en prix de présence un Beretta Px4, l’arme de choix de la Pègre européenne. Tout un cadeau. Devant le tollé de protestation, Breitkreuz a retiré sa candidature.
Breitkreuz, un farouche opposant du contrôle des armes à feu, a souvent dit que les armes à feu ne sont pas plus dangereuses que les couteaux de cuisines. Ce sont les tueurs qui sont dangereux, donc il faut plus de lois, pas moins de fusils.
Lorsqu’une victime de la tragédie du Collège Dawson à Montréal s’est plainte de la présence de Breitkreuz au souper du gun club, Breitkreuz s’est vu obligé d’annuler sa participation.
Enfin…
Une nouvelle est parue cette semaine voulant que Harper songe à fournir des milliards à la compagnie CanWest, en grande difficulté financière, ainsi qu’à la compagnie Québecor, qui connaît aussi certaines difficultés.
Selon le registre des lobbyistes à Ottawa, il semble que David Asper de Canwest et Pierre-Karl Péladeau de Québecor ont rencontré Harper à deux reprises depuis le début de l’année pour discuter d’affaires. Pas la sorte de nouvelle que Harper aime voir paraître dans les journaux.
On apprend aussi que CanWest a engagé comme lobbyiste Ken Boessenkool, ancien organisateur en chef des bleus et ami intime de Harper, qui a passé la soirée des élections assis à côté de Harper.
Enfin, on attend un nouveau sondage qui démontrera que les Conservateurs de Harper sont moins populaires au Québec que les Libéraux l’ont été sous Stéphane Dion. Pas fort.
Vite, la reprise de la session et ça presse!