L’économie verte
Dans l’édition de Le Devoir du 4 octobre 2008, la chroniqueuse politique Chantal Hébert, affirmait que l’absence de plan sérieux pour faire face à la crise économique appréhendée pourrait coûter à Stephen Harper un gouvernement majoritaire à l’issue des élections du 14 octobre dernier!
Ce qu’elle ne dit pas cependant, c’est probablement que Stephen Harper, compte tenu de sa vision du monde, n’est guère capable d’élaborer un plan économique digne de ce nom, un plan qui s’appuie sur les « secteurs porteurs » de l’économie.
Évidemment je dois définir quels sont ces « secteurs porteurs ».
Une étude rendue publique le 3 octobre dernier à l’occasion de la conférence des maires des villes américaines conclut que l’économie américaine pourrait générer jusqu’à 4,2 millions d’emplois verts d’ici 2038, soit 10% de tous les emplois qu’on prévoit y créer au cours de cette période. Ces projections reposent sur les hypothèses suivantes :
1. 40% de la production d’électricité de source verte;
2. 30% de l’essence destinée aux automobiles et camions légers produite de sources alternatives (les biocarburants mais pas d’éthanol à partir du maïs)
3. 35% de l’électricité consommée par les bâtiments obtenue par l’efficacité énergétique.
Presqu’au même moment, paraissait une seconde étude menée celle-là par le NRDC (National Resources Defence Council) en alliance avec une brochette de syndicats et de groupes environnementaux. L’étude donne 2 millions d’emplois crées avec un investissement de 100 milliards $, soit une somme équivalente à celle consentie dernièrement par le gouvernemental Bush sous forme de baisses d’impôts. Le point saillant, cependant, en est que cette somme utilisée à la création d’emplois dans le domaine de l’énergie verte créerait :
1. quatre fois plus d’emplois que si investie dans l’exploration et la production de pétrole.
2. 300 000 emplois de plus que si cet argent était alloué à la stimulation de la consommation des ménages.
Finalement, Nicolas Bérubé du quotidien La Presse rapporte que des études menées à l’Université Stanford concluent que « la Californie … [a] vu son économie croître plus vite que celle des États-Unis au cours des 30 dernières années, mais cette croissance s'est réalisée au moment où l'État adoptait massivement des technologies vertes et des lois environnementales strictes. »
Impressionnant.
Steven Guilbeault