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Quand la parole est d'or

Un Joliettain parle au peuple afghan

Julie Roy
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Article mis en ligne le 17 février 2008 à 10:43
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Quand la parole est d'or
C'est grâce à son ouverture d'esprit que Guy Noury réussit à entrer en contact avec les Afghans. Il ne les juge pas, il les prend comme ils sont sans les juger avec ses valeurs. Évidemment, tous les contacts se font avec des hommes et non avec les femmes. D'ailleurs à ce propos, sans l'approuver, Guy ne juge pas la situation de la femme de son regard occidental. « Ici, si les femmes portent la burka, c'est parce que les hommes veulent les protéger des autres hommes. Ils croient que les hommes ne pourront pas retenir leur appétit sexuel devant la beauté féminine. » - :Photo Julie Roy
Quand la parole est d'or
Un Joliettain parle au peuple afghan
Si les talibans, les insurgés comme les appellent certains, continuent d'avoir de l'influence en Afghanistan, c'est parce qu'ils ont compris qu'une guerre se gagne par les armes, mais aussi avec des mots. À la guerre comme à la guerre, il faut utiliser les armes de l'ennemi pour gagner une guerre. C'est pour cette raison qu'un Joliettain, du nom de Guy Noury, va lui aussi sur le terrain pour parler et expliquer aux Afghans le but de la mission. Il les écoute, prend note de leurs doléances et de leurs besoins. Sur le terrain, son titre est opérateur de la coopération civile et militaire (COCIM) et il travaille directement en lien avec l'équipe de reconstruction.
Il informe la population sur les actions entreprises au niveau de la sécurité. Il souligne les bons coups de la police et de l'armée afghane pour que les gens se sentent à nouveau en sécurité. Le premier pas pour la reconstruction est le retour de la population chez elle. « Les gens qui sont restés, sont coincés entre l'arbre et l'écorce. D'un côté, il y a nous et de l'autre, les insurgés. Plus ils vont être en sécurité, plus ils seront nombreux à revenir et à pouvoir maintenir les insurgés au loin. » C'est pour cette raison que Guy se rend dans les villages. Il tente de ramener le chef car ici, même si le chef est parti depuis des années, personne ne prendra sa place. Si celui-ci revient, d'autres suivront aussi. « Les Afghans n'essaient pas de s'élever socialement. Le chef restera toujours le chef. »

L'entreprise est longue avant que la confiance règne. Il faut rencontrer tout le monde, car tous n’ont pas la même idée des problèmes et de la situation. Souvent, cela peut prendre jusqu'à six rencontres pour avoir une idée de l'ensemble de la situation et pour établir une base pour un projet. C'est long, mais ici, le temps ce n'est pas ce qui manque à cette population. « Ici, il y a une expression qui dit: vous avez les montres, nous avons le temps ! Donc, il ne faut être pressé.»

Le dialogue n'a d'ailleurs pas toujours bonne presse, même au niveau des collègues de Guy qui voient en lui davantage un donneur de toutous. En effet, il est vrai que son travail est difficilement quantifiable. L'impact des mots ne se voit pas, contrairement à une conquête sur le terrain. « Parler à du monde ce n'est pas quantifiable, mais si le fait de leur avoir parlé ramène 30 personnes au village, c'est une excellente nouvelle. » Guy n'hésite donc pas à dire que sa plus grande difficulté provient de sa propre organisation. « Une société ne se remet pas en marche avec la baïonnette, mais avec l'approbation des gens. »

Guy doit souvent négocier avec les Afghans et réparer les pots cassés résultant des activités des autres divisions de l'armée. C'est pour cela que sa mission englobe aussi la reconstruction de ce qui peut avoir été détruit à cause de la présence des militaires. « Avec la pluie, des véhicules peuvent détruire des routes. À ce moment, on s'assure que ce sera réparé pour réduire au maximum les impacts sur la population civile. » Cependant, il suffit d'un seul mauvais pas pour que tout le travail soit anéanti. « Il suffit que quelqu'un ait détruit un véhicule afghan ou que la police afghane ait tenté d'escroquer des gens pour que mon travail tombe à l'eau. Mon travail s'imbrique dans toutes les sphères de la mission, soit la sécurité, le gouvernement et la reconstruction. C'est une roue. »

Critiques, doléances et demandes, Guy reçoit tout. Il a, la plupart du temps, le mot non à la bouche. Il tente de faire comprendre à la population que pour n'importe quel projet, elle doit suivre les étapes et cela afin de ne pas court-circuiter le travail du gouvernement. « Nous sommes là en support au gouvernement en place. Je ne peux pas donner de l'argent comme cela, par exemple pour bâtir une école. Les gens doivent apprendre à passer par leur système. Ils doivent apprendre à se débrouiller. » Bien sûr, les personnes qui travaillent avec le COCIM ont dans leurs poches un peu d'argent, mais tout ce qu'ils accomplissent a pour but de diminuer l'influence des talibans. « Si cette influence diminue, les insurgés n'auront plus personne pour les nourrir. Les gens vont revenir dans leur village, la sécurité va augmenter et ainsi la reconstruction va pouvoir se faire. »

Les négociations sont sur tous les sujets et même à propos de la mise en place d'une clinique temporaire d'une journée. « Lorsque nous avons voulu faire la clinique d'une seule journée organisée par les militaires, le médecin de la place ne voulait rien savoir que nous fassions cela ici. Il ne voulait rien avoir à faire avec les militaires. Il a fallu négocier avec lui. Nous avons payé la nourriture et nous avons installé des bassins d'eau pour que ses travailleurs puissent se laver les mains. C'est ça la négociation, mais nous avons atteint notre but.»

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