Griffintown : l’opposition officielle inquiète
(M.H.) - La chef de l'opposition officielle à l'hôtel de ville de Montréal, Noushig Eloyan, trouve démesurée la réserve foncière imposée dans le quartier Griffintown en faveur du projet privé de Devimco.
La conseillère municipale de Vision Montréal s'est inquiétée dans les pages du quotidien Le Devoir [Griffintown : L'avis de réserve foncière inquiète l'opposition, 19 janvier], que «des outils publics servent ici les intérêts privés de Devimco», qui fait la promotion de son projet résidentiel et commercial depuis deux ans auprès des élus municipaux. Mme Eloyan réagissait à la décision de l'administration Tremblay d'intervenir en faveur de Devimco.
Le mercredi 16 janvier, le comité exécutif a décrété une réserve foncière dans le périmètre de Griffintown. Ce faisant, toute transaction sera stoppée pour les deux prochaines années. Les propriétaires actuels ne pourront pas agrandir, transformer ou changer la vocation de leur immeuble. Cela limitera également les investissements sur les bâtiments à des travaux d'urgence.
Comme l'indique le document transmis à l'exécutif, Montréal pourra par la suite procéder à des expropriations si cela s'avère nécessaire. En plus de la réserve foncière, l'administration Tremblay a entrepris l'élaboration d'un plan particulier d'urbanisme (PPU) afin d'assurer la «réalisation du projet Griffintown».
Invité à expliquer l'intérêt public d'un tel projet privé, justifiant ainsi une intervention aussi importante de la Ville, le responsable politique du dossier au comité exécutif, Alan DeSousa, a parlé de revitalisation d'un secteur industriel, mais a surtout insisté sur la création de nouvelles rues et l'élargissement d'autres. Le projet Griffintown, porté par Devimco, représente des investissements de l'ordre de 1,3 milliard.