Le couple Topouzanov a reçu le mois dernier le Prix d’excellence en architecture décerné par l’Ordre des Architectes du Québec pour la réalisation de leur maison de la rue Irene à St-Henri.
Maison du XXIe siècle
Deux architectes de St-Henri reçoivent le prix d'excellence de l’ordre des architectes du Québec
Nadejda et Vladimir Topouzanov, architectes de profession, Bulgares d’origine, débarque à Montréal en 1990, tout juste après la chute du mur de Berlin. Elle parle le Français et lui l’Anglais. Vitement, ils vont s’adapter au Québec, se faire des amis, se créer un réseau social et exercer leur métier d’architecte, en plus de l’enseigner.
Le couple a reçu le mois dernier le Prix d’excellence en architecture décerné par l’Ordre des Architectes du Québec pour la réalisation de leur maison de la rue Irene à St-Henri. Le projet a été sélectionné, parmi une centaine d’autres, toutes catégories confondues, par des experts réunis dans le cadre de la 24e édition des Prix d’excellence en architecture.
Une vie dans le Sud-Ouest
Les Topouzanov adorent le quartier St-Henri, qu’ils apprennent à découvrir : «Les voisins sont très sympa. Comme la maison a de grandes fenêtres, on s'envoie la main le matin à l’heure du café», raconte Nadeja Topouzanov.
Les deux professionnels ont su bien intégrer le marché de l’emploi québécois. Il est associé chez Saia Barbarese Topouzanov , la firme d'architectes derrière les projets du Palais des congrès, du nouveau pavillon LEED de l’École polytechnique et du Pavillon des Sciences biologiques du complexe Pierre-Dansereau de l’UQÀM. Elle enseigne au collège Inter-Dec et travaille aussi à son compte sur plusieurs projets.
Tous deux tiennent à démystifier leur métier: «Les gens ont peur de faire appel à des architectes parce qu’ils croient que ça va coûter cher. Mais tout est question de choix dans la vie. Pour vivre dans du beau, dans du bien fait, certains de nos clients vont couper dans d'autres choses, ne pas acheter d’auto luxueuse, par exemple», explique Vladimir Topouzanov.
«En Europe, c’est très courant de magasiner son architecte, d’en rencontrer quatre ou cinq avant de décider qui fera les plans de construction ou de rénovation du domicile», renchérit-il.
Projet novateur
Conscients du contexte socio-économique de St-Henri, les deux architectes ont choisi d’y implanter leur résidence et bureau en respectant le milieu bâti et la typologie du quartier sans le soustraire du besoin en logements en conservant les locataires qui «venaient avec la maison», de leurs propres dires.
Leur projet dépasse le «façadisme» qui corrige, camoufle et cache, les deux architectes ont plutôt saisi l’occasion exceptionnelle d’intégrer une œuvre à l’architecture, offrant ainsi un bouquet de fleurs à leurs concitoyens avec le motif des briques qui couvrent les quatre faces de la bâtisse, exécutée par un briquetier expert d’origine italienne.
L’objectif était de préserver la volumétrie d’origine – le seul atout architectural du bâtiment – tout en l’ouvrant plus vers le soleil du Sud-Ouest. Les architectes avaient aussi à cœur d’intégrer leur nouvelle demeure au quartier, et c’est l’environnement amalgamé et l’abondance de graffitis sur les façades qui ont donné naissance à un motif floral s’appliquant sur toute l’enveloppe du bâtiment, tel un papier peint unifiant toutes les faces de la maison. L’espace créé devait aussi privilégier la flexibilité; c’est pourquoi l’intérieur a été entièrement repensé et de nombreuses installations (comme le plan de travail de la cuisine) ont été réalisées sur roulette afin de les déplacer.
Meubles design, salle de bain ultratech, l’intérieur des Topouzanov, tout de blanc recouvert, est vraiment impressionnant. Les pièces ont été ouvertes, agrandies, et d’immenses fenêtres dans toutes les pièces viennent illuminer la maison et l’ouvrir vers l'extérieur.