Au delà de la peau, de gauche à droite : Vanessa Seiler, Vincent Turcotte, Mélissa Lussier, Badiona Bazin, Rony Bastien, Evens Valcin (le metteur en scène) et Yannick Rodriguez. ">
La troupe complète d’Au delà de la peau, de gauche à droite : Vanessa Seiler, Vincent Turcotte, Mélissa Lussier, Badiona Bazin, Rony Bastien, Evens Valcin (le metteur en scène) et Yannick Rodriguez.
Du théâtre contre le racisme
Une pièce choc dans le cadre du mois de l’histoire des noirs
En cette période où le racisme est le sujet de l’heure, un groupe d'intervenants communautaires et de comédiens présenteront, vendredi prochain au Céda, une pièce toute spéciale sur le sujet.
Février est le mois histoire des noirs, et l’Alliance théâtrale haïtienne, en association avec Trans-Art 2000 et le Centre Récréatif, Culturel et Sportif St-Zotique (CRCS), ont décidé de le souligner en présentant Au delà de la peau, une pièce provocatrice et remplie d'humour, qui génère une réflexion intéressante sur la question du racisme.
Interprétée par de acteurs «Québécois dits de souche», des Haïtiens et même une Française, la pièce présente les tribulations de deux familles, une blanche et une autre afro-québécoise. La pièce s'inspire de témoignages réels en provenance de personnes noires et de personnes blanches.
L'auteur de la pièce, Éternel Victor, un homme d'origine haïtienne, n'hésite pas à grossir les traits jusqu'à la caricature pour bien faire passer son message, tout en suscitant les fous rires ou encore les réactions indignées de la foule, d’où l’intérêt de l’exercice.
«Lors d'une des représentations, un adolescent a crié à mon personnage [un homme blanc raciste] des mots que je ne répèterai pas ici...», raconte en riant Vincent Turcotte. «Son voisin a été obligé de lui rappeler qu’il s'agit de théâtre», rigole-t-il, fier de son succès.
Miroir fidèle de la société?
Malgré l’humour et la caricature qu’il contient, le texte de M. Victor recèle aussi quelques moments dramatiques.
«La pièce présente le Québec moderne qui s'ouvre sur le monde; elle nous invite à nous questionner et à nous engager ensemble dans la lutte contre le racisme et la discrimination», explique le metteur en scène de ce que l’on pourrait qualifier de «théâtre éducatif».
«La pièce présente aussi des formes de racisme moins connues, comme celui des noirs envers les blancs ou encore des noirs entre eux», explique pour sa part une des actrices de la pièce, Yannick Rodriguez, qui interprète Antoinette, l'épouse afro-québécoise plutôt snobinarde.
Celui qui interprète son mari, Badiona Bazin est un des candidats à l'investiture pour le Parti Québécois dans Anjou.
Au delà de la peau, qui a fait le tour de l'île de Montréal, en sera à sa cinquième représentation et l'équipe entend bien se rendre à dix en tout pour cette année.
Sur le sondage Quebecor…
L'auteur de la pièce, Éternel Victor, n'a pas apprécié le sondage paru dans les pages du Journal de Montréal, à l'instar de ses amis et confrères acteurs du projet.
«Je suis d'accord avec l'idée de discuter de cet enjeu, mais pas sur un ton aussi léger», dit-il.
«Cela ne se fait pas de demander aux gens s'ils sont racistes sur le même ton que si on leur demandait quelle est leur marque de biscuits préférés!», déplore celle qui a œuvré pour faire venir la pièce dans le sud ouest, Elsie Daphnis, de l'organisme Trans-Art 2000.
Comme quoi la question du racisme, loin d’être réglée, mérite d’être débattue dans l’intelligence, l’humour et l’ouverture. Rendez-vous vendredi au Céda!
Au delà de la peau
Une production de l'Alliance théâtrale haïtienne
Le vendredi 2 février au Céda 2515, rue Delisle, Montréal
Admission : 3$