Message aux « êtres supérieurs »
Les gens hésitent beaucoup moins à manifester leur irritation lorsqu'ils sont témoins de violence à l'endroit des humains ou des animaux. On l'a constaté, au cours des derniers jours, alors que les messages d'indignation ont été transmis en grand nombre aux médias, après la diffusion d'images montrant un ours tué de façon cavalière par des policiers.
Il reste que la violence est beaucoup trop tolérée, dans notre société. Toutes les raisons sont bonnes, pour la justifier et elle est même exploitée, sur une large échelle, par des profiteurs de tout acabit. Certains sports et activités de loisirs sont axés exclusivement sur la violence. La boxe en est un bel exemple, alors que le succès ultime consiste à faire perdre conscience à son adversaire... Wow! Et que dire des corridas qui attirent des milliers de spectateurs venus assister à la mise à mort de taureaux?
Les grands médias sont les premiers complices de la banalisation de la violence. Ils en font leurs manchettes, pour faire vendre des copies ou augmenter leurs cotes d'écoute, mais font rarement le suivi des mesures qui devraient être prises pour en faire condamner les auteurs. Tous se souviennent de l'ampleur donnée à la raclée qu'a fait subir à son vis-à-vis le jeune gardien de buts Jonathan Roy. Mais qu'est-il advenu de l'enquête que prétendaient mener les policiers? N'y avait-il pas assez de témoins de la scène?
De toute évidence, notre système judiciaire est beaucoup trop clément à l'endroit des gens qui pratiquent la violence. Elle continue d'être une forme de contrôle et d'exploitation contre laquelle on ferme trop facilement les yeux.
Qui en sont les victimes? Les enfants, les femmes, les vieillards, les handicapés, bref tous ceux qui ne peuvent pas se défendre ou qui ne veulent pas le faire... Quel est le premier conseil qu'un parent donne à son enfant qui se plaint des menaces qu'il subit? Défends-toi! On l'encourage à répondre à la violence par... la violence. Et qui finit par gagner, à ce jeu? Toujours ceux qui disposent de plus de ressources pour dominer leurs adversaires. Et ceux-ci sont rarement les plus gentils, les plus justes, les plus généreux.
Encore aujourd'hui, des peuples entiers sont victimes de répression et soumis à l'esclavage par des être humains qui n'hésitent pas à exploiter la violence, pour arriver à leurs fins. Ce ne sont pas des ours, ni des taureaux, ni des « méchants orignaux »? Ce sont des prétendus êtres supérieurs...
Vivra-t-on un jour dans un monde sans violence? Je l'espère, mais je n'y crois pas vraiment.
À l'échelle de notre pays, je pense qu'on peut encore y arriver. On ne choisit pas nos policiers ni nos juges, mais on peut encore passer des messages à ceux que l'on choisit pour nous représenter. Et, cette semaine, j'ai passé le mien.