Le plein est fait
On invoque diverses raisons pour expliquer les hausses du prix de l'essence. Une chose est bien certaine: les profits des sociétés pétrolières sont énormes et ils s'accroissent de trimestre en trimestre. Ce sont des chiffres qui ne mentent pas, ou très peu.
Il est bien évident que ce sont les consommateurs qui font les frais de cette situation. Même ceux qui ne possèdent pas de véhicules-moteurs sont lourdement affectés, car les frais de transport ont des répercussions sur le coût de tous les biens de consommation.
Malgré les contraintes du marché, je demeure convaincu que les gouvernements peuvent intervenir efficacement pour atténuer, à court terme, les conséquences de ces prix exagérés. Je reconnais, par contre, qu'une hausse des impôts des pétrolières n'aura à peu près aucun effet. Ces entreprises n'ont qu'à augmenter le prix de leur essence pour compenser ces hausses d'impôt et le consommateur devra débourser encore davantage. Et il faudrait être bien naïf pour croire que les revenus accrus de l'état seraient redistribués aux contribuables!
Par contre, je me demande ce qui empêche le gouvernement fédéral de fixer le prix maximum de l'essence. Toutes les données sont connues : le prix au baril, les frais de raffinage et de distribution, les coûts d'opération des stations-service, etc. Il suffirait de tenir compte de tous ces facteurs pour déterminer le coût réel de l'essence livrée aux détaillants et l'on pourrait alors fixer un prix maximum qui tiendrait compte d'une marge de profit raisonnable. Il appartiendrait aux revendeurs de décider s'ils veulent réduire cette marge afin d'attirer les clients à leurs commerces.
Au Québec, on impose déjà un prix minimum aux stations-service pour les protéger, soutient-on, contre la concurrence déloyale des grande pétrolières. On l'a constaté, au cours des derniers jours, alors que la Régie de l'énergie forçait certains détaillants de région de Saint-Jérôme, à hausser leurs prix. Si cela est possible, pour le prix « plancher », pourquoi ne le serait-il pas pour le prix « plafond »?
Il reste qu'une telle mesure ne pourrait être efficace à l'échelle d'une province. Il faudrait que cette fixation de prix maximum soit établie au niveau fédéral et dans tout le Canada, afin d'assurer une uniformité nationale et d'éviter les représailles régionales.
Cependant, je ne crois pas qu'une telle mesure serait une solution à long terme. Les experts-comptables des sociétés pétrolières trouveraient rapidement des excuses pour justifier les écarts entre les coûts canadiens et ceux des États-Unis.
La véritable solution est le développement des autres formes d'énergie et des autres modes de transport. L'amélioration des réseaux de transport en commun, le développement des véhicules électriques sont des objectifs réalistes et il suffirait de la volonté des gouvernements pour les atteindre rapidement.
En attendant, chaque consommateur peut faire sa part en réduisant le gaspillage d'énergie, sous toutes ses formes. Et, en bonus, on risquerait de pouvoir profiter d'une planète un peu plus verte.