l'Écho d'un Peuple
Dur Coup Pour les Franco-Ontariens
Le peuple franco-ontarien d’Ottawa est en deuil aujourd’hui.
Le grand spectacle théâtral historique, l’Écho d’un peuple a fait faillite cette semaine, victime de plusieurs facteurs. Et il y a là une leçon pour les organisateurs de festivals du Québec.
Depuis cinq ans tous les étés au milieu d’un champ (la ferme Drouin) à 40 minutes à l’est d’Ottawa des centaines de bénévoles de la communauté franco-ontarienne s’habillent en costumes d’époque et montent sur scène.
Ces acteurs, musiciens, danseurs présentent une œuvre magistrale qui raconte les quatre siècles de leur histoire en Amérique, leur culture française et leurs luttes politiques.
Pour eux c’était aussi important que La Fabuleuse Histoire d’un Royaume l’était pour les Saguenéens.
C’était un moyen pour les franco-Ontariens, que René Lévesque appelait les ‘’dead ducks’’, de donner signe de vie. Pour les Québécois la survie c’est quelque chose. Pour les Franco-ontariens c’est tout.
Mais lundi dernier les organisateurs ont annoncé la triste nouvelle. Le mégaspectacle qui coûte 1,2 million $ par année ne finira même pas l’été. Samedi soir sera la dernière présentation. La rentabilité n’y est plus.
Plusieurs raisons sont évoquées pour ce décès prématuré. Cet été, les spectateurs sont restés chez eux, et les touristes aussi. Les gradins de 1 500 places étaient remplis à peine au tiers. La météo n’a pas aidé. Il a plu tout l’été.
Puis, il y avait le prix de l’essence. Les gens n’ont vraiment pas été sorteux.
Sans compter qu’il y avait deux fois moins de touristes dans la région. Pas surprenant avec le 400e à Québec. Entre fêter Samuel de Champlain à Québec ou le fêter à Ottawa (ou Champlain n’a fait qu’un bref passage en 1612 ) le choix n’était pas difficile.
Et il n’y a toujours pas d’hébergement de grand luxe dans la région agricole de La Nation. Des grandes tables non plus.
Les jeunes eux, se plaignaient du contenu. Ils voulaient du nouveau. Les organisateurs disaient que l’histoire c’est l’histoire. On ne remplace pas Champlain par Paris Hilton juste pour attirer les foules. Ont-ils pensé à Paul McCartney?
Certes, une version anglaise du spectacle aurait possiblement attiré des anglophones de la région d’Ottawa question de mieux connaître leurs voisins francophones, mais les organisateurs, fiers francos, insistaient sur une version uniquement française.
La rentabilité de l’Écho a toujours été précaire. Les subventions gouvernementales auraient pu être plus généreuses. Mais l’idée de revenir au faste de l’époque des commandites fait toujours peur aux Conservateurs de Stephen Harper.
Alors d’ici la fin de l’été les Franco-ontariens, ceux qui n’ont pas les moyens pour se rendre dans la Vieille capitale (ni le goût de se rendre à l’autre capitale) pourront toujours se rabattre sur les nombreux petits festivals dans la région.
Il y a le Festival du Castor, et Le Festival du Canard, et le Festival de la Curd. (C’est du fromage en grains.)
Si on n’a pas Champlain, ben, on a toujours du castor, du canard et de la curd qui grince dans les dents quand on la croque.
Richard Cléroux peut être rejoint à richardcleroux@rogers.com
Nicolas Séguin
Commentaire mis en ligne le 21 août 2008Je crois bien que L'écho d'un peuple inc. a annoncé la fin des représentations du spectacle L'écho d'un peuple (et non pas une faillite, c'est Francoscénie inc. qui a fait faillite, il y a deux ans).
Je crois aussi que la saison n'a pas été écourté, comme le laisse sous-entendre le journaliste...