L’Être suprême devrait comprendre ça...
Depuis quelques semaines, on fait grand état, dans les médias nationaux, des problèmes engendrés par l’accommodement raisonnable accordé à certains groupes religieux. Des gens ont demandé et obtenu certains avantages, certains privilèges, en invoquant leur religion, leurs moeurs, leur culture.
Les exemples que l’on a montés en épingle, au cours des derniers jours, ne me convaincront certainement pas de la nécessité de modifier la Charte canadienne. Dans les deux cas, il s’agit de décisions prises par des individus, sans aucune contrainte légale. On a tout simplement voulu être « accommodant » et il s’agit là d’une tradition autant québécoise que canadienne.
Je n’ai rien contre la multi-ethnicité et encore moins contre la tolérance envers les groupes minoritaires. La couleur de la peau, le nom de ses parents, l’orientation sexuelle sont des choses que l’on ne choisit pas. Si l’on est prêt, parce qu’on ne veut plus élever d’enfants,
à favoriser l’immigration, il faut accepter que des gens d’ailleurs viennent vivre en ce pays. Et, dans la mesure de ce qui est raisonnable, il faut s’efforcer de les aider à s’intégrer à nos us et règles.
Je pense que le mot important est « intégrer ». Il devrait être mieux compris, à mon avis, autant pas les Canadiens et Québécois « de souche » que par ceux qui ont décidé de venir s’établir ici. Les gens qui immigrent au Canada ont besoin d’une certaine période d’ajustement pour s’adapter à leur nouveau milieu de vie. C’est durant cette période qu’il faut les appuyer, les soutenir et être « accommodants ». J’irais même jusqu’à dire que l’on devrait accepter de renoncer à certains privilèges, pour les aider dans leur démarche qui n’est certainement pas facile.
Au Québec (et en bien d’autres régions du Canada), on fait de moins en moins de place aux contraintes religieuses. Faudrait-il, au nom de l’hospitalité, de l’accueil, se soumettre à celles que les immigrants importent ici? À mon avis, on va trop loin en acceptant que la religion de nos nouveaux compatriotes devienne un argument pour passer outre à nos lois, à nos normes, à nos habitudes.
Dans les années 50, on vivait encore, au Québec, sous les règles de la religion catholique. La messe, le dimanche, le poisson, le vendredi, la confesse, l’abstinence sexuelle, en sont quelques exemples. Je ne pense pas, cependant, qu’on aurait pu faire appliquer ces pratiques aux gens de d’autres pays où l’on aurait voulu émigrer.
Tant qu’ils n’imposent pas de contraintes aux autres, je pense que l’on doit accepter les traditions, les moeurs des gens venus s’établir ici. Je crois même que nous devrions faire des « accommodements raisonnables », en autant qu’ils ne vont pas à l’encontre de nos propres valeurs. Mais je reste convaincu qu’au nom même du respect qu’ils réclament avec raison, les immigrants devraient tout faire pour s’adapter aux habitudes de vie des gens de leur nouveau pays. Et il me semble que l’Être suprême, quel que soit le nom qu’il porte, doit être assez brillant pour le comprendre.