Les automobilistes passant à proximité de l’échangeur Turcot n’ont souvent aucune idée que la falaise St-Jacques renferme un jolie boisé.
La falaise St-Jacques menacée par la démolition de l’échangeur Turcot
Un groupe montréalais prônant l’environnement s’inquiète de l’avenir de la falaise St-Jacques – un espace vert boisé situé au nord-ouest du quartier Saint-Henri – en raison d’importants travaux de restructuration qui seront réalisés sur l’échangeur Turcot d’ici quelques années.
Aménagé par la Ville de Montréal dans les années 80, cet espace, qui ressemblait à ses débuts à un site d’enfouissement où jonchaient de vieux appareils électroménagers et divers matériaux de constructions, est aujourd’hui un réel écosystème.
La Ville de Montréal, dès l’achat du parc, avait d’abord renfloué la forte inclinaison de la pente de la falaise pour ensuite y planter arbres et arbustes afin d’y attirer les résidants.
Reste que, deux décennies plus tard, l’endroit n’a toujours rien de bien sécuritaire en raison de risques d’effondrement à certains endroits de la falaise.
Transport Québec vient en plus de proposer de dévier l’autoroute Ville-Marie et le chemin de fer du Canadien National (CN) aux côtés de la falaise St-Jacques.
La Coalition verte a déposé un dossier lors d’une commission sur le transport et la gestion des infrastructures de la Ville de Montréal. «Ce parc est maintenant pratiquement inaccessible et victime d’un continuel vacarme causé par la circulation présente 24 heures sur 24», a noté un membre de la Coalition. «Si l’autoroute 20 et le CN se rapprochent de cet espace, comment pourrons-nous jongler avec la politique des transports et le droit d’accès des citoyens à la falaise?»
«Il n’y a aucune politique claire concernant la falaise et ses environs», explique Avrom Shtern, un membre de la Coalition. «D’un côté, Transport Québec annonce une déviation de l’autoroute et du chemin de fer à proximité de la falaise et de l’autre, la Ville de Montréal parle de cet espace comme d’un joyau de la nature qu’il est important de conserver.»
Le maire de CDN-NDG, Micheal Applebaum, insiste en plus sur le fait que la falaise St-Jacques est un espace complètement protégé de tout développement urbain pouvant lui nuire. Il admet toutefois du même souffle que l’endroit, isolé, reste un secteur dangereux pour la population. Ce qui prouve du coup qu’aucun effort n’a été fait pour encourager l’accès à la falaise St-Jacques.
Sam Boskey, conseiller pour la Ville de Montréal en 1998, a d’autre part avoué avoir tenté de vendre l’idée à l’époque à l’administration Bourque que cet endroit pouvait être aménagé en parc pour les résidants.
«Il y avait une fois par année un tour du quartier pour la population », confie Sam Boskey. «Pendant deux ans, j’ai amené les gens visiter la falaise en espérant que ceci ferait bouger les choses, mais il n’y a jamais eu de suite concluante. Le gros du travail avait été fait. De petits sentiers avaient été construits. Il ne restait seulement qu’à faire une belle finition.»