Le projet-pilote des cafés-terrasses sur le boulevard Monk a cristallisé les oppositions cet été et le débat controversé suite de se poursuivre encore cet automne, lorsque sera étudiée la possibilité de reconduire le projet. (Photo : Martin A. Chamberland)
Reviendront, reviendront pas?
Encore de la controverse à prévoir au sujet de la possible reconduction du projet des café-terrasses en 2008
Les café-terrasses du boulevard Monk sont en place depuis le printemps, et ce jusqu’au 31 octobre prochain. Par la suite, le comité de suivi du projet pilote fera ses recommandations et une décision sera prise par les élus quant à leur retour à l’été 2008.
Nées dans la controverse, les terrasses sont restées baignées d’une aura de discorde tout l'été. Le comité de citoyens contre le projet n’a tout simplement pas réussi à le faire admettre de ses membres au sein du comité de suivi, composé d’un représentant élu de l’arrondissement, du commandant du poste de police 15, de représentants des services des travaux publics, du développement social et des communications de l'arrondissement Sud-Ouest, de même que d’une représentante de la Société de développement commercial (SDC) Monk.
Après plusieurs affrontements en plein conseil d'arrondissement, le comité de suivi du projet pilote avait finalement accepté d'accueillir deux citoyens en son sein, dont un volontaire et un membre du comité de citoyens contre les terrasses.
Mais c’est à partir de là que le récit se met à diverger, dépendamment des parties. Selon les citoyens contre les terrasses, les deux citoyens cités au comité de suivi étaient en vacances cet été et n'ont pu assister aux rencontres. C’est pourquoi les deux leaders du mouvement anti-terrasse se sont présentés à une des rencontres, en guise de remplacement, où ils se seraient fait montrer la porte: «M. [Ronald] Bossy [conseiller d'arrondissement élu] a refusé de nous inclure», affirme Jacques Lessard, du comité citoyen contre les terrasses.
En guise de réponse, le conseiller Bossy jette un éclairage différent sur l’événement: «Nous soupçonnons les deux leaders du comité contre les terrasses d’avoir demandé aux deux citoyens de ne pas se présenter, afin qu’ils puissent tenter de prendre leur place. Or, ce que nous voulons sur le comité de suivi, c’est des citoyens neutres, pas des gens qui se sont prononcés contre le projet avant même son lancement», affirme M. Bossy.
Selon le conseiller Bossy, une décision de l’ombudsman a été rendue en faveur du projet-pilote, suite à une lettre que le comité contre les terrasses aurait fait parvenir à l’arbitre : «L’ombudsman leur a dit de laisser ça entre les mains des élus. Si on les écoutait, il aurait fallu faire un référendum sur la question. Écoutez, nous avons été élus par les citoyens pour diriger l'arrondissement, faut-il faire une consultation publique à chaque fois que l'on doit prendre une décision, comme d’émettre des permis de terrasses à la suite d’une demande des commerçants?», ironise-t-il. «On travaille fort pour redonner vie à l’artère et ça fonctionne. Même les personnes âgées qui résident à ACHIM vont prendre leur café le matin sur la terrasse», illustre le conseiller.
Pour Jacques Lessard, le projet des café-terrasses a tout faux et il n’approuve pas cette façon de revitaliser le secteur: «Depuis le début, les citoyens n’ont pas été consultés dans l'élaboration puis le lancement du projet. Il y a vraiment un manque de transparence de la part des élus», estime le citoyen.
«Nous ne sommes pas contre la revitalisation du boulevard Monk, mais nous ne croyons pas que cela passe par l'ajout de terrasses pour les bars. Cela n'amène aucune retombée économique, n'attire pas de nouveaux commerces – bien au contraire – , et est dommageable pour l'image du quartier», résume M. Lessard.
Le prochain conseil d’arrondissement se tiendra ce mardi 4 septembre et les deux parties assurent qu’il y sera encore question du projet-pilote.
(Photo : Martin A. Chamberland)