OTTAWA - Les talibans ont pu rassembler des centaines d'hommes et leurs équipements pour lancer leur audacieuse attaque contre la prison de Kandahar, en Afghanistan, sans que les services de renseignement militaires ne voient jamais rien venir.
Le ministre canadien des Affaires étrangères, David Emerson, veut savoir pourquoi - et il a évoqué lundi la possibilité que l'assaut pourrait avoir été, du moins en partie, un coup monté de l'intérieur.
Les services de renseignement des alliés doivent être renforcés, a dit le ministre, qui a souligné que la corruption constitue un problème profondément enraciné en Afghanistan.
L'opération, qui incluait un attentat-suicide et des tirs de roquettes contre les murs de la prison, a permis à un millier de prisonniers, dont 400 qu'on croit être des talibans, de prendre le large.
Des députés libéraux ont affirmé que les services correctionnels du Canada avaient prévenu, il y a un an, que le périmètre de la prison de Sarposa devrait être renforcé, mais qu'on ne les avait pas écoutés. Le ministre Emerson a cependant estimé que cela n'aurait probablement pas empêché ce qu'il a qualifié de manoeuvre "massive et bien orchestrée".
Le ministre de la Défense, Peter MacKay, ne blâme personne - pour le moment. Les responsables s'efforcent encore de recueillir le plus d'informations possibles, mais il faut d'abord sécuriser la région et tenter de capturer certains de ces combattants, a-t-il indiqué.
©Tous droits réservés, nouvelles de la Presse Canadienne