QUEBEC - Les soldats réservistes appelés sous les drapeaux en Afghanistan n'auront plus à craindre de se retrouver sans emploi une fois revenus au Québec.
Déposé mercredi à l'Assemblée nationale, le projet de loi 98 modifie les normes du travail de façon à garantir le lien d'emploi civil des militaires à temps partiel qui participent à des interventions armées à l'étranger ou à des missions humanitaires au pays comme ailleurs.
Avec ce projet de loi, le ministre québécois du Travail David Whissell emboîte le pas au gouvernement fédéral et à toutes les provinces, à l'exception de l'Alberta, qui ont amendé leurs normes ou leur code du travail en faveur des réservistes.
En vertu de la loi, les soldats de réserve pourront prendre un congé sans solde de leur emploi civil pour une durée variant entre trois mois et un an et demi, sans craindre dans l'intervalle d'être mis à pied ou de perdre leur ancienneté. Tous les emplois, syndiqués ou non, feront l'objet de la même protection légale.
"Le lien d'emploi est protégé si un réserviste prête main-forte aux civils dans des cas de catastrophes ou de sinistres survenant au pays. S'il doit aller à l'étranger, il devra aviser son employeur quatre semaines à l'avance", a expliqué le ministre Whissell, en entrevue à La Presse Canadienne.
En principe, les employeurs ne pourront pas s'opposer au départ d'un réserviste, sauf en cas de circonstances exceptionnelles. Ainsi, un soldat de réserve pourrait être empêché de quitter ses fonctions civiles si son absence compromet "de façon importante" les opérations de l'entreprise ou la santé et la sécurité du milieu de travail.
"Par exemple, on peut penser à un technicien d'une centrale nucléaire qui est le seul à connaître la machine et que cela prendrait deux ans pour former une autre personne. On parle de circonstances très exceptionnelles", a illustré M. Whissell.
Le Québec compte un peu moins de 8500 soldats réservistes. Quelque 300 d'entre eux servent présentement en Afghanistan pour des séjours d'une durée moyenne de six mois.
"Ce sont des civils qui exercent divers métiers. Cela peut être un cuisinier ou encore un mécanicien. Ils viennent en appui aux troupes régulières", a dit le ministre.
Les mesures annoncées mercredi "sont à coût nul" pour les employeurs, a-t-il tenu à préciser. Pendant leur absence, les réservistes sont entièrement à la charge des Forces canadiennes.
Le projet de loi aura-t-il pour effet d'inciter davantage de réservistes à aller servir en Afghanistan? Le ministre préfère esquiver la question.
"Ce n'est pas l'objectif", a-t-il insisté.
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