OTTAWA - Le chef de cabinet de Stephen Harper a assuré jeudi devant un comité des Communes qu'il n'y avait jamais eu de tentative du cabinet du premier ministre de faire dérailler la campagne présidentielle du démocrate américain Barack Obama.
La sincérité de M. Obama, qui avait promis de rouvrir l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) s'il était élu, avait été mise en doute à la suite de la fuite d'une note diplomatique canadienne. Il s'agissait du compte-rendu d'une rencontre à Chicago entre des diplomates canadiens et un proche conseiller de M. Obama, qui laissait entendre que la position du candidat démocrate, en pleine campagne pour l'investiture, était davantage partisane que raisonnée.
Des députés de l'opposition ont aussitôt accusé le gouvernement Harper de s'être ingéré dans la campagne présidentielle aux Etats-Unis.
Ian Brodie, qui quittera son poste après deux ans et demi de service, a assuré que son départ n'avait aucun lien avec cette affaire.
Il a ajouté devant le comité des opérations gouvernementales et des prévisions budgétaires des Communes que M. Harper était encore outré par les allégations de l'opposition.
M. Brodie avait été identifié par l'opposition comme la source de cette fuite. Le chef de cabinet a affirmé jeudi que ces allégations étaient complètement fausses.
Le témoignage de M. Brodie est survenu à la veille de la visite à Ottawa du candidat républicain à l'élection présidentielle, le sénateur John McCain, qui doit prononcer ce vendredi un discours sur le libre-échange.
Un rapport remis en mai après deux mois d'enquête avait blanchi M. Brodie et l'ambassadeur du Canada à Washington, Michael Wilson, mais n'avait pu trouver la source de la fuite. Le Nouveau Parti démocratique (NPD) avait alors mis en doute la partialité du rapport.
Les enquêteurs d'une firme privée de sécurité mandatée par le Bureau du Conseil privé ont confié aux députés de l'opposition avoir eu toute l'autorité nécessaire et la coopération du gouvernement dans leur travail.
Les enquêteurs ont interrogé des fonctionnaires et des diplomates, et scruté les relevés de courriel, de téléphone et de télécopieur dans leur recherche de la source de la fuite.
Ils ont porté un certain blâme sur le ministère des Affaires étrangères pour ne pas avoir disposé de la note comme un document secret ou confidentiel. Ils ont conclu que quelqu'un avait télécopié le document à l'agence de presse Associated Press aux Etats-Unis.
Pour ce qui est de M. Brodie, les enquêteurs ont dit croire que le chef de cabinet n'avait jamais révélé d'informations sensibles à un journaliste au cours d'un entretien privé sur le budget fédéral, comme il avait été allégué.
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