OTTAWA - Jean Charest et Stephen Harper sont tous les deux à la tête d'un gouvernement minoritaire, mais ils ne jouissent pas de la même cote de popularité.
Lorsque le premier ministre du Québec sera à Ottawa cette semaine pour assister au Forum des politiques publiques, les conservateurs chercheront sans doute à connaître le secret de son spectaculaire regain de popularité.
Il existe de grandes différences entre le gouvernement minoritaire de Jean Charest à Québec, et celui de Stephen Harper à Ottawa. L'atmosphère à Québec en est une de collaboration, tandis que celle d'Ottawa n'est rien de moins que toxique.
M. Charest a souvent décrit l'Assemblée nationale comme un espace de cohabitation, où le gouvernement et l'opposition travaillent ensemble à l'élaboration du budget et au bon fonctionnement des comités.
Du côté d'Ottawa, les querelles partisanes paralysent les comités parlementaires depuis des mois. Le gouvernement a eu des conflits avec Elections Canada, la Commission de la sûreté nucléaire, le Sénat, deux gouvernements provinciaux, les commissaires à l'information et à la protection de la vie privée et plusieurs fonctionnaires fédéraux.
Alors qu'il y a un an, plusieurs évoquaient la fin de la carrière politique de Jean Charest, les libéraux jouissent aujourd'hui d'un bon taux de satisfaction, selon de récents sondages.
Plusieurs facteurs expliquent la résurrection politique de M. Charest: la faiblesse de l'opposition, la priorité donnée à l'économie et les modifications au personnel du cabinet du premier ministre. Le gouvernement a de plus évité toute controverse, se contentant de mesures populaires, comme bannir la malbouffe des écoles.
Mais M. Harper fait aussi face à une opposition faible, a fait de l'économie sa priorité et a proposé des mesures populaires, et pourtant, les récents sondages indiquent que les conservateurs ont moins d'appuis qu'aux dernières élections, surtout auprès des femmes.
La situation s'explique peut-être par la composition des deux cabinets. Celui de Jean Charest compte autant d'hommes que de femmes. A Ottawa, cinq des 27 ministres sont des femmes. Aucune de ces femmes n'occupe des fonctions parmi les plus importantes du cabinet, tandis que Québec compte sur une ministre des Finances et une vice-première ministre.
Un adjoint du premier ministre s'est dit fier de l'équilibre du cabinet, précisant que les femmes font de la politique différemment. Ainsi, la ministre des Finances, Monique Jérome-Forget a discuté régulièrement avec les porte-parole de l'opposition avant de déposer son budget.
Cette façon de collaborer dans un environnement beaucoup moins combatif serait l'une des clés du succès du premier ministre du Québec.
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