Accommodement raisonnable pour qui?
L'épisode du sapin de Noël qu'on a retiré du Palais de Justice de Toronto pour ne pas heurter les gens de confession religieuse autre que chrétienne, constitue un renoncement sans précédent aux valeurs communes de la société canadienne.
Au nom de l'harmonie entre les communautés, on s’impose une neutralité absolue évitant tout signe qui pourrait heurter tel ou tel groupe intégriste.
Comment peut-on rayer du paysage plus de 400 ans de tradition chrétienne dont les signes ostensibles en cette période des Fêtes, sont l'arbre de Noël et la crèche, une représentation franchement non agressive et non dominatrice pour qui que ce soit ? Et pourtant des gens réclament la neutralité tout en sollicitant des mesures d’exception pour leur propre confrérie. Peut-on exiger d’une infirmière qu’elle porte un voile ou une robe qui traîne à terre pour soigner des patients dont les convictions religieuses exigent une certaine tenue vestimentaire ? C’est franchement inacceptable et pourtant des administrateurs plutôt bonasses semblent prêts à tous les accomodements pour éviter de faire des vagues. N’est-ce pas dans la tempête qu’on juge l’habileté d’un capitaine ?
Le monde du commerce a récupéré les symboles du Temps des Fêtes qui servent de prétexte à un happening de consommation. Mais il faut le dire au delà de la dimension religieuse, il y a des valeurs culturelles rattachées à cette période de réjouissances et de joyeuses retrouvailles. Certaines de nos traditions remontent au Moyen-Âge, d’autres sont plus récentes comme celle de décorer un sapin à Noël. Ces traditions n’appartiennent pas en exclusivité aux chrétiens pratiquants car elles font la joie de tous, à commencer par les enfants petits et grands.
C'est une grave erreur de croire qu'on peut juxtaposer différentes cultures et que chacune conserve les caractéristiques du pays d'origine sans aucun effort d'intégration. C'est utopique de nier les risques de débordements ou d'affrontements lorsque chacune de ces communautés fait son nid quelque part, créant par la loi du nombre, une sorte de ghetto dans un quartier ou une ville.
Au risque de déplaire à quelques activistes, le Temps des Fêtes c'est pour tout le monde, peu importe qu'ils soient chrétiens, musulmans, juifs , boudhistes ou hindouistes. Les sociétés les plus neutres et les plus laïques sur le plan religieux comme la France conservent dans la liste des congés fériés, Noël et Pâques, la Pentecôte et même la Toussaint. qui s’en plaint d’après vous? Personne! Il faut croire que malgré les difficultés à intégrer les nouveaux arrivants, il vaut mieux privilégier cette voie au communautarisme tellement ancré dans les politiques du gouvernement canadien à travers son ministère du Multiculturalisme. À force de vouloir englober les pratiques culturelles des nouveaux arrivants comme si c’était notre propre culture, on finit par nier les cultures française et britannique qui sont à l’origine de l'État canadien.
Récemment le Parlement canadien adoptait une motion reconnaissant l'existence d'une nation québécoise dans un Canada uni, cette nation devra-t-elle relayer aux oubliettes ce qui la caractérise? Et pourtant à Rome on fait comme les Romains.