La députée de Saint-Henri–Sainte-Anne, Marguerite Blais.
Complexe Turcot : Québec travaille encore à bonifier le projet
Sept mois après le dépôt du rapport du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE), rien n’est ficelé. Le projet révisé de reconstruction du complexe Turcot n’est pas encore mûr pour être soumis au Conseil des ministres. «On travaille encore à bonifier le projet», a indiqué la députée de Saint-Henri–Sainte-Anne et ministre responsable des Aînés, Marguerite Blais.
Le scénario initial est revu à la lumières des 39 recommandations formulées par le BAPE, a-t-elle précisé. «Le ministère des Transports est obligé de faire ses devoirs pour bonifier le projet.»
Les plans sont revus en tenant compte de divers aspects: santé, transport collectif, transport individuel, expropriations, a fait savoir Mme Blais. «Tout ça est encore en train d’être analysé.»
Il y a encore du travail à faire avant de voir débarquer la machinerie. Le dossier doit franchir plusieurs étapes. «Ce n’est pas arrivé encore au Conseil des ministres», a dit la députée.
Avant d’en arriver là, le projet sera transmis pour analyse au ministère du Développement Durable, de l'Environnement et des Parcs (MDDEP). Puis il cheminera au sein des autres ministères concernés, dont celui de la Santé, avant de revenir sur la table du MDDEP. Le Conseil des ministres n’en sera saisi qu’au terme de cette démarche.
«On ne sait pas encore combien d’expropriations il y aura», a par ailleurs mentionné Mme Blais. On sait que la possibilité d’expropriations résidentielles constitue un noeud de discorde important. Selon Radio-Canada – une information non confirmée par le gouvernement –, le scénario présentement sur la table ferait passer le nombre initialement prévu d’expropriations de 166 logements à environ 60.
«Un projet de cette envergure ne peut pas faire plaisir à tout le monde», a fait savoir la députée, expliquant par ailleurs que le gouvernement travaille avec la Ville en ce qui concerne la relocalisation du clos de voirie situé sur la rue Eadie, une préoccupation de l’arrondissement du Sud-Ouest.
Pas de politique
Au Parti québécois de Saint-Henri–Sainte-Anne qui l’exhorte à «intervenir d’urgence auprès du premier ministre Jean Charest» pour s’assurer que le projet adopté réponde aux souhaits de la communauté, Marguerite Blais rétorque qu’elle a sans cesse été à l’écoute de la population dans ce dossier. «J’ai toujours accompagné les citoyens du Sud-Ouest dans cette démarche», a-t-elle déclaré.
Depuis le début, Mme Blais rappelle avoir multiplié les rencontres avec les résidants, avec les élus locaux, avec les groupes communautaires. «Je ne veux pas que l’on fasse de politique là-dessus, a-t-elle commenté. C’est trop important pour être récupéré par quelque parti politique que ce soit.»
Le travail se «fait en toute transparence», a ajouté la députée, donnant en exemple la rencontre qui aura lieu le 1er avril entre la ministre des Transports Julie Boulet et une délégation du POPIR-Comité Logement formée de locataires menacés d’expropriation.
Viviane Rochon
Commentaire mis en ligne le 29 mars 2010Mme Blais semble ne pas vouloir se prononcer sur la question. En tant que résidente du Sud-Ouest, je ne me sens ni défendue, ni "accompagnée" par ma députée: je me sens méprisée. Pour moi, la reconstruction de l'échangeur Turcot est une occasion idéale de faire un projet innovateur qui sera de notoriété internationale. J'appuie le projet "Turcot 375" et non les remblais que propose le MTQ.