Mukmuk parle-t-il français?
Les Olympiques de la langue
Les Jeux Olympiques d'hiver à Vancouver en février prochain risquent d'être beaucoup moins en français qu’on avait promis.
Pourtant, les règlements du Comité International Olympique exigent que le français et l'anglais soient les deux langues officielles des Jeux. Après tout, c'était un Français, Pierre de Coubertin, qui avait ressuscité les anciens Jeux grecs au siècle dernier.
Même la Chine a su donner la place qu'il fallait au français lors de ses Jeux. Si les Chinois peuvent respecter le français, pourquoi pas les Canadiens?
C'était bien John Furlong, directeur-général du Comité Organisateur de Vancouver qui avait promis que ses Jeux seraient " véritablement bilingues " lorsqu'il est aller chercher ses millions du fédéral.
Mais dès le début, il y a eu des problèmes. En décembre dernier, lors des cérémonies de pre-ouverture de la magnifique installation de 178 millions $ ou se tiendront les épreuves de patinage de vitesse, les invités se sont aperçus que l'affichage était seulement en anglais: " Richmond Olympic Rink. " C'était pas mal gênant, surtout devant le ministre des Sports du fédéral Gary Lunn, qui avait payé une bonne partie de la note.
Malcolm Brodie, le maire de Richmond a déclaré que l'installation représentait : "un fait marquant pour notre collectivité. " Brodie n'a pas précisé quelle collectivité. Au moins il avait raison que l'unilinguisme était marquant.
On a promis d'ajouter le français à l'affichage avant l'ouverture de février prochain.
Déjà, certains se faisaient entendre : Lise Routhier-Boudreau, la présidente de la Fédération des Communautés Francophones et Acadiennes (FCFA) a écrit une lettre au maire de Richmond et aux organisateurs pour les réveiller.
Le Commissaire aux langues officielles Graham Fraser et son équipe s'en sont mêlés, dans une série de communications et d'échanges avec la haute direction et le personnel du COVAN. Mais les problèmes ne faisaient que commencer.
Deux mois plus tard on a tenu grand spectacle musical pour marquer un an, jour pour jour, avant l'ouverture officielle des Jeux.
La très populaire Sarah McLaughlin était la vedette anglophone. On a choisi comme numéro francophone Luke Doucet de Vancouver qui faisait déjà partie du groupe de McLaughlin.
Très talentueux, Doucet a l’habitude de se produire en anglais. Pour l'occasion il a traduit quelques-unes de ses ‘tunes’ anglaises. On aurait eu droit à mieux, vu le nombre d’artistes francophones de qualité dans toutes les régions.
Et encore. La tradition veut que le programme des cérémonies d'ouverture doive rester secret. Il sera diffusé dans plus que deux milliards de foyers à travers le monde C'est l'univers entier qui jugera du bilinguisme canadien. Certains, tel que Fraser et Routhier-Boudreau s'inquiètent, mais espèrent toujours pour le mieux. Qui montera sur scène?
Jusqu'à présent, le COVAN a fait un travail remarquable dans le recrutement de participants autochtones et multiculturels pour la cérémonie d'ouverture. Pas de plaintes de ce côté là. L’épine, c’est le français.
Et si le Canada, un pays supposément bilingue, ne peut pas donner au français la place qu'il mérite, pourquoi feindre le bilinguisme?
Le fédéral a garoché des dizaines de millions pour assurer l'affichage bilingue, la traduction et l'interprétation aux Jeux. Le monde qui suivra les Jeux à la télévision auront-ils l'image d'un pays bilingue?
La dernière chose qu'il faut au gouvernement de Stephen Harper c’est un scandale linguistique aux Olympiques, lui qui a assez de problème avec les Francophones du Canada.
Il y a encore un peu de temps pour remédier à la situation avant l'ouverture, mais les jours filent…. en anglais comme en français.
Michel Gagnon
Commentaire mis en ligne le 17 juillet 2009Il faut savoir que dans ce beau, grand et plus meilleur pays du monde il faut et faudra toujours se battre pour faire respecter notre langue. Richmond, banlieue de Vancouver, a plus de citoyens venant de Chine que de parlant français. Les gens vivent au quotidien en anglais et sont tellement loin d'être préoccupés par l'aspect soit disant bilingue du Canadea. J'ai eu le plaisir de travailler pour une société de la couronne dans les années 70 et 80. Le bilinguisme y était très important, mais l'autre langue prévilégiée autre que l'anglais était...l'allemand. Ceux qui dirigeaient les services de Montréal ont été longtemps unilingues anglophones. Il a fallu se battre pour que les choses changent.
La langue première des olympiques est le français, alors pourquoi ne pas faire des représentations auprès du CIO. Quant à demander à notre premier con servateur d'intervenir, aussi bien oublier ça.
L'image du pays de par le monde lors des jeux de Vancouver sera à la hauteur des volontés politiques du moment: pas très représentative des deux peuples fondateurs.