Turbo
Le retour en force des moteurs Turbo
Benoit Charette
On le voit depuis quelques mois, beaucoup de constructeurs automobiles reviennent à la technologie des motorisations turbo. Audi a remplacer dans ses modèles S , les V8 de 4,2 litres par des moteurs V6 biturbo, même chose chez BMW qui fait ses choux gras avec le six cylindres en ligne de 3,0 litres lui aussi gavé de deux turbo. Ford introduit cette année sa technologie Ecoboost qui se veut une mécanique V6 de 3,5 litres avec deux petits turbo de marque Garrett qui produisent 365 chevaux, puissance auparavant associé aux moteurs V8. Et cette liste se poursuit et sera appelé à grandir dans les prochaines années.
Cette nouvelle approche est simple. Les gouvernements de bien des pays, incluant les Etats-Unis et le Canada vont resserrer les normes de consommation d’essence d’ici quelques années. Le parc automobile canadien devra se situer autour de 6,6 litres aux 100 km. Il faudra donc avoir des moteurs moins gourmands. Mais il y a un hic, les automobilstes placent encore la performance assez haut dans leur liste de priorité. La beauté d’un turbo réside dans sa faible consommation lorsqu’il est au repos. Autrement dit, lorsque les instances gouvernementales chargés de vérifier la consommation des véhicules font leur test à une vitesse constante de 100 km/h, les turbos dorment et la consommation est bien meilleure. On peut donc avec l’apport de turbos offrir des moteurs plus petits avec la performances d’un V8 lorsque ceux-ci sont mis à contribution. Mais audelà des turbos, il y a plusieurs avancées technologiques qui permettent aux moteurs à essence de mieux performer sans consommer plus
L’injection directe se généralise
L'injection directe permet un gain de puissance ainsi qu'un meilleur rendement moteur. Couplée aux dernières avancées en matière de suralimentation, le moteur à essence trouve là un nouveau salut en matière de pollution et de consommation. La diminution de la taille des moteurs réunit en théorie le meilleur des deux mondes puisque qu'il consiste à réduire la cylindrée tout en obtenant la même puissance par le biais d'un rendement optimisé par suralimentation. Ces moteurs offrent ainsi un avantage réel dans la zone d'utilisation courante. Avec le petit 1,6 litre turbocompressé à injection directe de la dernière Mini Cooper S on obtient ainsi des valeurs de couple d'un gros 2,5 litres atmosphérique. Sur le 2.0 TFSI de Volkswagen, le couple est par ailleurs constant sur la plage de régimes la plus couramment utilisée en conduite "normale", soit de 2000 à 5000 tr/mn ce qui se traduit par un gain de consommation de plus de 15% et de meilleures reprises sans renier l'agrément de conduite d'un moteur essence classique. Pour arriver à ce petit miracle, il faut une suralimentation à faible inertie, autrement dit, un turbo qui ne marche pas que dans les hauts régimes comme c'était le cas lorsque cette technique s'est démocratisée dans les années 70 et 80. Aujourd'hui, avec le turbocompresseur type «twin-scroll» de Mitsubishi ou mieux, avec la double suralimentation de BMWou le turbocompresseur à géométrie variable de Porsche on parvient à effacer complètement le temps de réponse à bas régime et ainsi à obtenir une disponibilité largement supérieure à celle d'un moteur atmosphérique, tout en fournissant une puissance accrue à haut régime. Le seul bémol, c'est que le rendement à très hauts régimes (généralement au-delà de 7000 tr/mn) est considérablement dégradé pour protéger la mécanique et éviter le cliquetis très mauvais pour le moteur. Enfin, il est vrai aussi qu'une courbe de couple quasiment lisse a tendance à gommer un peu les sensations mécaniques.
CONCLUSION
Nous vivons actuellement un véritable renouveau pour le moteur à essence. Avec l'apport conjugué de l'injection directe et de la suralimentation de nouvelle génération, économies de carburant et performances accrues ne sont plus incompatibles. Un dernier sursaut d'espoir pour le moteur à explosion, avant son remplacement prévu à long terme par l'hydrogène ou l'électricité. Mais d'ici là, il restera encore la voie de l'hybridation pour continuer à entendre respirer ces chères mécaniques tout en préservant notre encore plus chère planète bleue...
Benoit Charette est co-propriétaire et rédacteur en chef de l’Annuel de l’Automobile 2009. Il anime également l’émission En Voiture tous les Samedis à MIDI sur les ondes du 98,5 FM de Montréal et le réseau Corus Québec ou via internet au www.985fm.ca