Changements climatiques; Québec continue d’aller de l’avant alors qu’Ottawa continue de reculer.
La Ministre québécoise de l’environnement, Line Beauchamp, vient de déposer un projet de loi qui prévoit la mise sur pied d’une bourse sur le carbone au Québec. Ce faisant, Québec devance le gouvernement fédéral alors que ce dernier n’a toujours aucune réglementation en matière de lutte aux changements climatiques.
Le système proposé de plafond et échange (Cap and Trade en anglais) utilisera l’année de référence 1990, comme le prévoit le Protocole de Kyoto. De plus, il sera basé sur la réduction absolue des émissions des GES; finalement il ouvre la porte pour que le Québec puisse participer à un programme d’échanges de crédits de carbone avec d’autres législations régionales tant au Canada qu’aux États-Unis.
Le projet de loi de la ministre arrive au moment où le Commissaire à l’environnement du gouvernement fédéral rend public un rapport accablant sur le non respect, par le gouvernement de Stephen Harper, d’une loi l’obligeant à mettre en œuvre le Protocole de Kyoto.
On apprenait hier que le gouvernement Harper vient de procéder à une série de nominations à des postes clés au niveau fédéral; les personnes choisies sont ce qu’on appelle des ‘sceptiques des changements climatiques’; c'est-à-dire qu’ils doutent de la réalité du réchauffement! En langage populaire, on appelle ça ‘paqueter les cartes’.
Le Président Obama, lui, s’est au contraire empressé de mettre la science au poste de commandement dans le dossier environnemental!
En ignorant ce dont la grande majorité des Nations convient, M. Harper est sans aucun doute en train de se « peinturer dans le coin ». En effet, le Québec, l’Ontario, le Manitoba et la Colombie Britannique, ont annoncé leur participation au système nord américain de plafond et échange.
En terminant j’aimerais souligner que malgré un plan d’action agressif et le projet de loi de Mme Beauchamp, le Québec fait face à un défi de taille et c’est celui de l’augmentation de la pollution dans le secteur des transports, qui est responsable de presque 40% des émissions de GES.
Il me semble illogique de continuer à développer le réseau routier et autoroutier d’un côté et chercher à diminuer nos émissions de GES de l’autre. C’est faire une chose et son contraire dans le même souffle.
Steven Guilbeault