Mathieu Rozon, un résidant du Sud-Ouest, a fondé The Window People, une entreprise qui se spécialise dans l’enlèvement de scratchittis sur les surfaces de verre.
L’homme de verre
Si on ne vient pas à bout d’un graffiti avec des produits nettoyants, on peut toujours recourir à la peinture pour masquer le gribouillis. Pour un scratchitti, c’est pas mal plus compliqué. Un jeune entrepreneur du Sud-Ouest, Mathieu Rozon, y a vu une opportunité d’affaires.
«Scratchittis». Le mot a été inventé pour désigner cette forme de graffiti où la gravure remplace la peinture. Les «scratchitteurs» laissent leur marque sur différentes surfaces. Les tags sont incrustés dans le verre, le plexiglas, le bois, le métal, etc.
Les spécialistes en enlèvement de scratchittis se comptent sur les doigts d’une main à Montréal. «J’ai vu qu’il y avait des besoins de ce côté: le besoin de protéger une image de marque», explique Mathieu Rozon, un résidant de Pointe-Saint-Charles, qui a fondé son entreprise l’été dernier, The Window People www.thewindowpeople.ca).
L’entreprise, qui est également active à Toronto, cible en effet surtout les commerces – des commerces pour lesquels la présence d’un scratchitti sur une vitrine a tout sauf un effet de séduction auprès de la clientèle, glisse M. Rozon, mentionnant que l’intervention qu’il propose est quand même moins coûteuse que le remplacement complet d’une vitrine.
Sa spécialité: les scratchittis exécutés sur le verre. Et il se démarque des autres entreprises qui proposent ce type de service en utilisant une technique «moins agressive». Il s’agit d’une technologie développée en Californie qui repose «essentiellement sur du sablage et du polissage», explique M. Rozon. Contrairement à d’autres procédés, cette technologie ne crée pas de distorsion dans le verre, précise-t-il, et elle ne requiert pas l’utilisation d’eau. L’enlèvement des scratchittis peut donc se faire aussi bien l’hiver que l’été. «Ça permet d’intervenir à l’année longue», note l’entrepreneur.
Ses clients se trouvent au centre-ville, dans le Vieux-Port. Dans le Sud-Ouest, des commerçants des rues Wellington, Centre et Monk ont fait appel à ses services. «Sur la rue Sainte-Catherine, c’est incroyable le nombre de scratchittis. Sur Monk, 80 % des commerces sont touchés», avance M. Rozon.
Depuis le démarrage, les affaires sont menées modestement. Pas de grosse publicité. Mathieu Rozon privilégie une approche directe auprès des commerçants. Et le travail ne manque pas, bien qu’au début les clients aient été un peu sceptiques. Une phrase qu’il a entendue souvent: «Je vais faire enlever le scratchitti, mais ça va revenir tout de suite.» Or «il y a eu zéro récidive», mentionne l’entrepreneur. Il semble que tout comme pour les graffitis, l’enlèvement rapide prévient la récidive.
Des scratchittis, il y en a partout et depuis plusieurs années. Suffit d’ouvrir l’œil. On en trouve sur les vitres, les sièges et les murs des wagons de métro et des autobus de la STM, sur les bancs de parc, sur les cabines téléphoniques, etc. «Pour les commerces, les vitrines de magasins, ça semble être plus récent», constate Mathieu Rozon. Généralement, la gravure consiste en un tag – une signature – qui «fait référence aux gangs de rue», signale-t-il; un truc qu’ils utilisent pour marquer leur territoire. «C’est une raison de plus de vouloir s’en débarrasser», estime M. Rozon.