Max Bernier est devenu blogueur.
Il s'en vante sur YouTube. C'est tordant, drôle à crever. Il se fait aller les bras dans les airs et nous parle comme si nous étions des enfants d'école.
Simpliste au point d'en être embarrassant. Un vrai bijou. Mais dans son blogue il n'y a rien sur ce qu'on veut vraiment savoir.
Pas un mot sur Julie, ni sur la vente de ses guenilles, ni sur les stocks de Jos Louis en Afghanistan.
Max nous sert plutôt des platitudes sur la politique et des conseils sur l'économie, et des histoires de tournois de golf dans la Beauce, toutes des choses qu'on peut s'en passer.
Mais curieusement, il n'a ni photo de son boss, Sa Sainteté Stephen I, ni un seul mot sur ses glorieux accomplissements. C'est toujours Max, Max, Max. Rien que ça.
Bernier est le seul députée conservateur blogueur.
Stephen Harper n’aime pas que ses députés deviennent blogueurs. Ils deviennent trop difficiles à contrôler. Le dernier était Garth Turner. Harper l’a mis à la porte. Il n’y en a pas eu d’autre depuis.
Il n’y a rien de croustillant dans le blogue à Bernier.
Pas un mot sur la poursuite de la dame Julie Couillard contre l’agence d’immeuble Kevlar, pas même une petite parenthèse sur la vente de la fameuse robe non plus.
Et pourtant qui est mieux placé au parlement que le Playboy Bernier pour nous raconter ces petites histoires?
Bernier se présente assis à son pupitre et nous parle en pleine face. Il fait des poings.Il veut qu'on le prenne au sérieux.
Mais c’est plat à la mort! Des rencontrés avec des maires dans son comté. Rien à s’inquiéter, Monsieur Harper. Il ne parle pas de vous, seulement de la Beauce et de lui-même.
Bernier ne se cache pas d'utiliser son bloque pour se venter. Saviez-vous par exemple qu’il a reçu plus d’applaudissements que les autres députés conservateurs québécois lors d’un réunion du parti à Montréal il n'y a pas longtemps?
Bernier nous apprend que lors de sa visite au HEC de Montréal il leur a dit : « la crise économique que nous vivons actuellement au Canada a bel et bien son origine aux États-Unis. »
Vraiment Max? C'est profond ça.
Le site est une litanie des ses vieux discours à saveur de droite économique. Du réchauffé en ligne.
Comme il nous annonce sur YouTube :
« Je me suis aperçu que ça prend beaucoup de travail et de préparation pour lancer un produit qui se démarque. . . . »
Vraiment Max? La même idée nous a passé par la tête.
Le format est simple. Bernier pose les questions et Bernier les répond lui-même.
« Vous demandez peut-être pourquoi Maxime Bernier, simple député, lance-t-il un blogue? nous-dit-il. »
Pas vraiment, Max.
« C’est parce qu’il veut se servir de « techniques nouvelles » nous dit-il.
C’est évident que la profondeur de Bernier le blogueur est bien égale à la celle de Bernier le ministre.
Prépare-t-il un retour au conseil des ministres?
Pourtant Harper ne veut rien savoir de lui.
Mais si les Conservateurs finissent aussi mal au Québec aux prochaines élections que les sondages le laissent entendre, Bernier, qui est toujours très populaire dans la Beauce, pourrait facilement finir seul député conservateur élu au Québec.
Quelle ironie!
Peut-on imaginer Bernier à nouveau ministre!
« Appelle Julie, on s’en va chez la gouverneure-général.»
Ou bien : « Sors les Jos Louis, on s’en va en Afghanistan. »
Le blogue de Bernier semble attirer quelques lecteurs impitoyables pour la plupart.
Sur le site de Mathieu Turbide un blogueur nommé Robert Mallette lui souhaite la bienvenue : « Son blogue tombe bien. Justement on a besoin de clowns dans les résidences pour personnes âgées. Je vais envoyer son curriculum à la ministre Blais. »
Xrayden lui écrit « Vos yeules les anglicistes xénophobes! »
Le Pouceux lui déclare : « Québec libre. Tu pue Maxime. »
Il faut ajouter: « Monsieur Bernier : Bienvenue au monde des blogueurs. »
Il n'est pas trop tard pour Bernier de rendre son bloque plus intéressant. Il pourrait nous dire par exemple pourquoi il s’est rangé dernièrement du côté de Brian Mulroney dans la chicane interne qui ravage le parti Conservateur au Québec. Ça pourrait lui coûter cher.
On dira qu’il sait choisir les gagnants. Et dire qu il n’y a pas de photo de Stephen Harper sur sa page d’accueil.
Attends que le boss apprenne ça.
Michel Gagnon
Commentaire mis en ligne le 2 juin 2009Vous avez sans doute voulu écrire: Max le blagueur. Vous savez, ce n'est pas un con ce servateur de Stefen 1ier...