Complexe Turcot : le ministère des Transports doit tenir compte des impacts de son projet sur la vie et la santé des personnes
À quelques semaines des audiences publiques du BAPE sur le futur chantier du complexe Turcot, il nous apparaît crucial de demander que le projet soit revu en tenant compte des impacts sur la vie et la santé des personnes.
Nous sommes en effet très préoccupées par plusieurs aspects du projet proposé par le ministère des Transports, notamment par les impacts sur la santé qui découleront de la proximité de l’autoroute et de la pollution émanant du trafic routier. Ces impacts sont d’autant plus alarmants que l’incidence des problèmes de santé respiratoire comme l’asthme, les maladies pulmonaires obstructives chroniques et les cancers du poumon, est supérieure à la moyenne montréalaise sur notre territoire.
Or, les études épidémiologiques de la Direction de santé publique de Montréal et celles effectuées par d’autres groupes de chercheurs reconnus démontrent une corrélation certaine entre la proximité des autoroutes achalandées et les impacts négatifs sur la santé des personnes.
Ces études établissent clairement que ce sont surtout les personnes âgées, les jeunes enfants et les nouveau-nés résidant à moins de 200 mètres de ces autoroutes qui sont les plus susceptibles de subir les impacts négatifs de cette proximité. Si l’on considère que le ministère des Transports envisage de maintenir l’achalandage actuel du complexe Turcot estimé à 285 000 véhicules par jour et d’en améliorer la fluidité, nous avons toutes les raisons de craindre une augmentation de la circulation routière ainsi que l’aggravation des conséquences négatives sur la population avoisinante. Une situation inacceptable.
De plus, le secteur du transport joue un rôle de premier plan dans les émissions des gaz à effet de serre (GES). Une réduction importante de ces gaz est incontournable au chapitre de la lutte aux changements climatiques, et doit être un élément central de toute intervention au système routier régional.
Voilà d’ailleurs pourquoi le conseil d’administration a résolu unanimement de joindre sa voix à celle de la Ville de Montréal et de l’arrondissement du Sud-Ouest pour demander que le projet Turcot soit revu afin qu’il respecte les objectifs du Plan de transport de Montréal, notamment la réduction de l’utilisation de l’automobile solo ainsi que l’amélioration significative de la desserte en transport en commun et des aménagements pour le transport actif.
Nous pensons également que le ministère des Transports du Québec doit se pencher davantage sur les conséquences inhérentes à l’enclavement du quartier Côte-Saint-Paul, à l’augmentation de la nuisance associée au bruit et à la démolition de 160 logements à faible coût à Saint-Henri.
Le projet de reconstruction du complexe Turcot est nécessaire, nous le reconnaissons. En même temps, il est indispensable qu’il soit réalisé en tenant compte des besoins des personnes concernées, de leur santé et de leur qualité de vie. En ce sens d’ailleurs, nous entendons assumer pleinement notre responsabilité d’agir pour améliorer la santé et bien-être des populations qui résident sur notre territoire en participant aux audiences du BAPE sur cet important chantier.
Lorraine Duchesne-Noiseux
Présidente du conseil d’administration du CSSS du Sud-Ouest–Verdun
Danielle McCann
Directrice générale du CSSS du Sud-Ouest–Verdun
Le 23 mars 2009