La fin de la récréation?
Sur le front de la lutte au réchauffement climatique, on peut dire que l’élection de Barak Obama a sonné la fin de la récréation pour le Premier ministre du Canada, Steven Harper.
Le Président Obama a clairement et fermement indiqué que son plan consiste à établir des objectifs clairs de réduction de gaz à effet de serre et à mettre en place des mécanismes appropriés pour lutter contre les changements climatiques.
La donne nord américaine ayant changé radicalement, disons que M. Harper n’avait guère le choix de changer son fusil d’épaule. Dans le discours du Trône présenté aux Communes le 19 novembre dernier, le gouvernement canadien s’est donc engagé à : « travailler avec les gouvernements provinciaux ainsi que nos partenaires de façon à développer et mettre en œuvre un régime nord américain de plafond et d’échanges pour les gaz à effet de serre (GES). »
Dans quelques jours, le grand Boeing bleu et blanc du Président Obama se posera à Ottawa. Et voilà qu’on apprend que M. Harper cherche à « zigonner », comme on dit. Il voudrait exclure les sables bitumineux de l’Alberta et de la Saskatchewan de cet accord nord américain, ou à tout le moins leur accorder un statut spécial.
Cela pourrait signifier que les émissions causées par l’exploitation des sables bitumineux atteindraient 105 millions de tonnes de CO2 à l’horizon 2020, soit sensiblement plus que toutes émissions de GES pour tout le Québec!
J’ai dit plus haut, que n’ayant guère le choix, M. Harper dit maintenant qu’il va fixer un plafond canadien pour les émissions de GES. La question qui se pose alors est claire comme de l’eau de roche; si plafond il y a, et si les pétrolières qui font dans les sables bitumineux peuvent, comme ça, péter le plafond, qui est-ce qui va payer pour que le plafond soit respecté? La réponse saute aux yeux : vous et moi, des compagnies qui comme Alcan ou encore Cascades qui ont un très bon dossier de réduction des GES, le Québec qui a fait plus que toutes les autres provinces.
Cela est carrément inacceptable!
Steven Guilbeault