Selon l’administration municipale, le capitaine de la caserne 23 a été le seul rétrogradé, car il a été pris sur le fait.
Le capitaine de la caserne 23 est rétrogradé
Les pompiers demandent l'intervention de Jacqueline Montpetit
Le capitaine de la Caserne 23 à St-Henri, Marcel Vincent, a été rétrogradé à simple Lieutenant le vendredi le 25 avril, en raison de sa participation présumée à l’opération de peinture de la caserne aux couleurs du Canadien de Montréal lors de la série contre les Bruins.
Selon Michel Crevier, président de l’Association des pompiers de Montréal, cette mesure disciplinaire imposée par la Ville de Montréal est tout simplement déraisonnable et injustifiée. «C’est aberrant ce qu’on a fait au capitaine Vincent, alors que le maire Tremblay avait assuré aux journalistes qu’aucune réprimande ne serait liée aux événements, vu que c’est lié à la fièvre du hockey. Tout ça n'a rien à voir avec les négociations en cours pour la nouvelle convention collective», assure-t-il.
«Les gens de St-Henri sont privés d’un excellent capitaine de pompier. Marcel Vincent vient du quartier, il a un dossier vierge et il compte plus de 22 années d’ancienneté. Là, on l’envoie à Dollard-des-Ormeaux, un secteur qu’il ne connaît pas», déplore M. Crevier.
Médiatiser l'affaire
L’Association des pompiers de Montréal a poussé ses pressions jusqu’à se payer une publicité d’une page dans le Journal de Montréal du 1er mai, publiant les numéros de téléphone et courriels du maire Gérald Tremblay et de la mairesse de l'arrondissement Sud-Ouest, Jacqueline Montpetit, afin d’inciter la population à leur demander la réintégration de Marcel Vincent dans ses fonctions de capitaine.
«Nous allons continuer notre campagne pour appuyer Marcel Vincent, victime d’une mesure disciplinaire injustifiée», conclut M. Crevier.
Pris sur le fait?
Selon, Jean-Yves Hinse, directeur des relations professionnelles à la Ville de Montréal, la décision prise était la seule valable: «C'est un geste inacceptable de la part du commandant en chef des pompiers de la caserne 23, qui est responsable de l’équipement, de la sécurité et de son équipe de travail. Que la population ne soit pas dupe, le fait d’avoir ainsi repeint la caserne est une tactique syndicale en raison de la négociation en cours», assure-t-il.
«Si c’était un geste spontané d’appui au Canadien, pourquoi les 66 casernes de la ville de Montréal auraient été peintes le même soir à la même heure?», interroge-t-il. «C'est évident qu’il y a eu un mort d’ordre. De toute façon, quand ce n’est pas la peinture bleu blanc rouge, c’est la peinture verte, les autocollants…», illustre-t-il.
À la question à savoir pourquoi le capitaine Vincent a été le seul rétrogradé, M. Hinse explique que c’est le seul à avoir été pris sur le fait: «J'ai un témoignage du chef des opérations, qui l’a pris les mains dans la peinture», indique-t-il, précisant qu’un arbitre devra trancher et décider du bien-fondé ou non de la rétrogradation de M. Vincent puisque que l'Association des pompiers a déposé un grief.
Une chose est sûre, l'administration municipale souhaitant abolir le poste de capitaine des pompiers, M. Hinse assure que ce cas servira d'exemple.
Bébés la-la
Edith LaryeaArticle mis en ligne le 3 mai 2008
On a tous compris que la Ville n'avait pas apprécié le fait que les pompiers avaient peinturé les vitres de la caserne de pompiers. Est-ce qu'on peut avancer et passer à autre chose de plus important? Rétrograder le capitaine pour quelque chose de semblable, est-ce vraiment la solution, est-ce vraiment ce qu'il mérite? Ce que je trouve plutôt inquiétant c'est que ceux qui ont décidé de le rétrograder aient passé plusieurs heures sur ce sujet, au détriment d'autres questions bien plus pressantes.