Selon un professeur de l’ETS, les changements climatiques causeront davantage de pluies abondantes en été, qui sont mélangées aux eaux usées et, lorsque le centre d’épuration débordera, ces eaux usées seront de plus en plus souvent déversées dans différents points de chute, dont le canal de Lachine.
Un monde en transformation
Conférence sur les changements climatiques à l’ETS
Des experts environnementaux ont jeté un regard pessimiste sur l’impact des changements climatiques lors d’une conférence à l’école de technologie supérieure (ETS), le 25 mars.
Le professeur Robert Leconte et Alain Bourque du consortium Ouranos ont fait un survol de l’état des connaissances actuelles quant aux changements climatiques à l'occasion de la 3e Journée de la recherche et des cycles supérieurs de l’ETS.
Le consortium Ouranos - un groupe d’étude des variations du climat chargé de conseiller le gouvernement du Québec, formé de partenaires universitaires comme l’UQAM, McGill, l’Université Laval, l’INRS, l’ETS de même qu’Environnement Canada et Hydro-Québec -, compte pas moins de 250 chercheurs.
L’organisme vient tout juste de publier son 2e rapport le 7 mars dernier. Ses prévisions? Des hausses de température marquées surtout durant les saisons estivales et hivernales (donc plus de pluie en hiver), une saison chaude de la même durée, mais plus chaude et des hausses de température plus importantes dans le nord du Québec.
«Le futur climatique est lié aux émissions de gaz à effet de serre (GES), liées, elles, à la consommation, qui est liée à la croissance économique», explique Alain Bourque du consortium Ouranos.
Pessimiste, le représentant avoue douter de la possibilité de réduire les émissions de GES à la source et c’est pourquoi Ouranos travaille plutôt à trouver des solutions d’adaptation devant une situation qui semble inéluctable.
«Il faut trouver des moyens de prévenir les glissements de terrain causés par l’érosion des sols dans les maritimes, de s'adapter au dégel dans le nord [où les aéroports sont construits sur le pergélisol], et aux canicules et inondations dans le sud du Québec. Il faut revoir nos méthodes de construction d’égouts, de barrages, de bâtiments, de ponts, de toutes nos infrastructures», estime-t-il.
Les égouts de Montréal
Professeur à l’ETS, Robert Leconte a pour sa part concentré sa conférence sur l’impact de changements climatiques sur l’usage de l'eau, en raison des pluies abondantes générées par la hausse des températures.
Il faut savoir qu’à Montréal, les eaux de pluie se mélangent aux eaux usées dans les conduits, ce qui a été modifié depuis dans les villes plus récentes. En cas de pluies abondantes, le service d’épuration des eaux montréalais est rapidement débordé et la ville doit procéder à des déversements dans divers points de chute, dont le canal de Lachine.
Cette solution extrême a déjà été utilisée une fois en 2007, sept fois en 2006. Selon M. Leconte, c'est une situation qui se répètera de plus en plus. Les pluies hivernales iront aussi en augmentant, causant de plus en plus de refoulement d’égout.
«Le rôle des ingénieurs face aux changements climatiques est donc de trouver des moyens d'adaptation, de promouvoir la réduction des émissions de GES à la source en favorisant les énergies renouvelables et en y sensibilisant les décideurs», a-t-il conclu.