OTTAWA - Le gouvernement Harper refuse de s'engager à nommer un juge bilingue à la Cour suprême pour remplacer Michel Bastarache. Le juge Bastarache a annoncé, le mois dernier, qu'il prenait sa retraite.
Or, la dernière fois qu'un juge a été nommé à la Cour suprême, c'est Stephen Harper qui l'a choisi et il s'agissait d'un juge qui ne comprend que l'anglais. Des voix s'élèvent pour que cette fois, le juge soit bilingue.
Le commissaire aux langues officielles, Graham Fraser, a fait un plaidoyer en ce sens devant un comité parlementaire, cette semaine. Et le député libéral Denis Coderre se propose de présenter un projet de loi privé pour forcer la chose.
A toutes ces pressions, le gouvernement conservateur répond que le prochain juge sera choisi pour sa compétence juridique. Le député Coderre rétorque que la compétence juridique inclut la compétence linguistique, selon lui. Mais même le secrétaire parlementaire responsable des langues officielles, Pierre Lemieux, ne milite pas pour la cause. M. Lemieux affirme que la décision finale pour le choix du prochain juge revient au premier ministre et que beaucoup de critères qui sont importants.
Quant au ministre québécois Jean-Pierre Blackburn qui semble souhaiter un juge bilingue, il se montre plutôt timide aussi. Il dit que c'est tant mieux si les juges de la Cour suprême sont bilingues, mais que ceci n'a jamais été une exigence et qu'il essaie de composer avec ça.
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