À propos des terrasses devant les bars du boulevard Monk
Nous sommes de celles et ceux qui attendent depuis longtemps une redynamisation du boulevard Monk. Qui au fait ne le voudrait pas? Mais à ce propos, nous voyons en ce projet de terrasses devant les bars une direction contraire à une revitalisation inspirée et prometteuse.
Ce sentiment vient d’abord et avant tout d’une incompréhension totale de voir naître un tel projet, sans qu’il n’existe la moindre trace d’un projet d’ensemble pour l’artère commerciale Monk, celle-ci pourtant identifiée comme faisant partie d’un ensemble de secteurs à revitaliser sur l’ensemble du territoire de la ville de Montréal, et visés par une résolution du conseil municipal qui remonte à juin 2003.
Ce sentiment se base, par ailleurs, sur une expérience très directe et concrète avec les bars du boulevard, et sur lesquels repose ce projet en dépit des problèmes qu’ils génèrent.
Pour certains, il s’agit du triste constat d’une ambiance qui s’est détériorée avec la sursaturation de l’artère avec des bars, depuis les dernières 10 années.
Pour d’autres qui vivent à proximité de Monk, s’ajoutent de sérieux inconvénients qui vont de nuits interrompues par le bruit et les cris à la fermeture des bars, aux ruelles faisant office de stationnement, aux bouteilles cassées que l’on balaie le dimanche matin, etc.
Voilà maintenant que la SDC et les trois conseillers de Vision Montréal de l’arrondissement Sud-Ouest mettent de l’avant un projet favorisant ces mêmes établissements, leur permettant ainsi d’étendre leurs activités sur l’espace du trottoir, augmentant les obstacles à la circulation des citoyens et en nous demandant de croire que non seulement les problèmes de bruit et de comportements indésirables seront réglés avec les terrasses (!), mais que le boulevard sera «miraculeusement» revitalisé.
À ce jour, plus de 500 signatures ont été apposées à une pétition contre le projet de terrasses devant les bars de l’artère commerciale, que les élus Line Hamel, Ronald Bossy et Jean-Yves Cartier de Vision Montréal semblent insister à appeler des «cafés-terrasses».
Manifestement, on n’accorde pas une grande importance au point de vue des citoyens et des résidents dans ce dossier, puisque le projet va de l’avant, sans que des citoyens n’aient encore été consultés au préalable ou intégrés de façon satisfaisante au comité de suivi du projet, qui, par ailleurs, a déjà commencé son travail.
Tout porte à croire qu’on ne se laisse pas déranger par le fait que le projet se fasse au prix de la qualité de vie de tant de personnes en faveur d’un petit nombre de personnes.
Même à titre de projet pilote, ce concept ne passe tout simplement pas. Nous méritons mieux, et sommes plusieurs à continuer d’attendre un projet de relance du boulevard Monk, mais ne sommes pas prêts à voir s’incruster un caractère particulier de «boulevard de bars», par pauvreté d’idées, et parce ce que ça presse…
Nous méritons un projet plus imaginatif, au service de l’ensemble de la population, enviable, pourquoi pas.
En attendant, il serait éminemment souhaitable que nous puissions malgré tout continuer à soutenir les marchands du boulevard Monk qui ne profitent pas de surplus budgétaires.
Malheureusement, avec l’apparition des terrasses, le boulevard est de moins en moins agréable, il est de plus en plus difficile d’y circuler et nous sommes de plus en plus nombreux à l’éviter.
Si le carrefour Angrignon a été le premier facteur de baisse de fréquentation des commerces de l’artère Monk, les terrasses pourraient maintenant avoir de bonnes chances d’en devenir le deuxième. Voilà déjà des constats troublants qui ressortent de ce projet dit pilote.
Jacques Lessard, Claudette Chabot, Julie Lessard, France Bélanger, Hélène Guay, Ghislaine Poitras, Paul Rioux