OTTAWA - Le ministre de la Sécurité publique, Stockwell Day, soutient qu'il n'est pas nécessaire de mener des vérifications de sécurité sur les conjoints des ministres fédéraux, en dépit du scandale sur les fréquentations antérieures de son collègue Maxime Bernier.
En entrevue à l'émission "Question Period", diffusée au réseau CTV dimanche, M. Day a affirmé que la relation du ministre des Affaires étrangères avec Julie Couillard, qui a côtoyé pendant des années des motards criminels, ne pose aucune menace à la sécurité nationale.
Il a de plus indiqué que la Gendarmerie royale du Canada (GRC) et le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) ont fait des enquêtes exhaustives sur les députés, surtout ceux qui font partie du cabinet.
"Entrer dans la vie privée des épouses, des conjoints de tous les députés, je crois que c'est un peu excessif, a dit M. Day. Si on commence à (faire des vérifications sur) les épouses, les partenaires, il faudrait bien sûr inclure les enfants. Je crois que ça irait trop loin."
Selon lui, les liens entre M. Bernier et Mme Couillard font partie de leur vie privée.
Plusieurs spécialistes en sécurité indépendants se sont toutefois montrés d'accord avec l'opposition, qui croit que l'"affaire Bernier" est d'intérêt public, soulignant le fait que Mme Couillard a accompagné le ministre dans des événements officiels et à l'étranger, dans le cadre de voyages ministériels.
"Si on veut jouer de prudence, une enquête serait nécessaire", croit l'ex-agent de la GRC et du SCRS, Michel Juneau-Katsuya. Selon lui, il y a peu de chance qu'on ordonne la tenue d'une enquête si on ne souhaite pas être prudent et que l'on veut plutôt étouffer cette histoire embarrassante.
Il y a plusieurs années, l'ancien commissaire de la GRC Giuliano Zaccardelli avait soulevé la possibilité que le crime organisé puisse essayer d'infiltrer le Parlement ou d'autres institutions nationales.
"Le crime organisé est en mesure d'infiltrer tous les milieux grâce à ses vastes ressources et à son aptitude à pénétrer les structures sociales et économiques légitimes", a affirmé vendredi le surintendant principal de la GRC, Mike Cabana, dans un communiqué.
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