Magnifiquement poétique et plein d’esprit, le texte est un pur ravissement pour l’auditeur. (Photo : Martin A. Chamberland)
Marathon de l’articulation
Avec «Novencento :Pianiste», Bruno-P. Lafleur livre une performance époustouflante ou essoufflante, c'est selon.
Une heure trente, voilà le temps qu’il faut pour faire le tour de la vie de Novencento, pianiste surdoué et mésadapté, avec tout l’humour et la tendresse qu’il faut. Cet exercice de haute voltige, cette gymnastique intellectuelle et articulatoire, Bruno-P. Landry en a relevé le défi en récitant, seul, le monologue de l'auteur italien, Alessandro Barrico.
Magnifiquement poétique et plein d’esprit, le texte est un pur ravissement pour l’auditeur. Mais attention de ne pas rêvasser, car il se faut de peu pour rater le coche avec un texte aussi dense et touffu, où un trait d'humour n’attend pas l'autre.
C'est ce qui fait d'ailleurs la grande qualité de ce spectacle en même temps que sa difficulté principale: la pièce est aussi un marathon pour le spectateur! Captif, il lui faudra s'accrocher aux lèvres du comédien et accepter de partager avec lui ce tour de force. Pour certains, ce sera pur ravissement, pour d'autres, beaucoup trop long et exigeant. A vous de choisir, et pour le savoir, pourquoi ne pas tenter l'expérience?
Mise en scène classique
Même constat pour ce qui est de la mise en scène, sobre, à l'image du décor dénudé.
Certains apprécieront, étant convaincus que le texte mérite une mise en scène dépouillée, laissant toute la place aux mots.
D'autres regretteront le manque de folie, de déconstruction du récit, voire d’infidélité au texte, pour mieux se l'approprier et en faire une œuvre plus personnelle.
Encore là, différentes écoles, différents goûts, qui ne devraient pas se discuter.
Une chose est sûre, assister de si près à une performance aussi généreuse, dans la toute petite salle du MainLine Theatre, a quelque chose de magique, comme d'être témoin d’un indiscutable total don de soi.